Think Tank : Les Initiatives Economiques pour la Méditerranée choisissent Nice comme tête de pont

Think Tank : Les Initiatives Economiques pour la Méditerranée choisissent Nice comme tête de pont

Porté, notamment, par le président sortant du CESE à Bruxelles, le collectif IEPM entend se pencher - "concrètement" - sur le développement des relations économiques entre le Nord et le Sud de la Méditerranée. Et c'est à Nice que le Think Tank a choisi de mener les débats...

Porté par Henri Malosse, président sortant du Comité Economique et Social Européen à Bruxelles, et Jean-Claude Fontanive, expert des relations Nord-Sud, l’IEPM (pour Initiatives Economiques pour la Méditerranée) entend rapprocher sur le plan économique les différents acteurs des pays riverains de la Méditerranée pour tenter de répondre concrètement aux nouveaux grands défis de la Région. Apolitique, le think tank veut s’affranchir des Etats et miser sur la société civile pour alimenter ses travaux qui, chaque année, s’attacheront à une problématique donnée. En l’occurrence, pour 2017, la sécurité.

Lutter contre le trafic illicite
« Il ne s’agit pas d’une démarche sécuritaire mais de paix sociale qui passe obligatoirement par le développement économique »,
précise Jean-Claude Fontanive. Et cela devrait se traduire par cinq actions clés : la constitution d’un Conseil Economique et Social Méditerranée (CESM), l’organisation à Nice d’un "World Security Congress" les 30 et 31 mars 2017, la préparation de colloques thématiques, la création d’une chaire "Nouveaux Espaces méditerranéens" et celle d’un Institut International sur le thème des "Espaces Méditerranéens de la Sécurité" avec le Groupe Waito, organisation spécialisée dans la lutte contre le trafic illicite. Et son président, le criminologue Pierre Delval de souligner : « Le trafic illicite alimente, par exemple, la concurrence déloyale notamment dans le secteur du BTP au travers du trafic de matériaux non homologués. En Europe, selon les statistiques de sinistralité, 70% des produits de plomberie sont non conformes aux réglementations, 35% en ce qui concerne les équipements électriques, 45% pour les portes et fenêtres isolantes. »

Pourquoi Nice ?
Fondé sur l’héritage de l’Institut d’Etudes Politiques Méditerranéennes – Club de Monaco, l’IEPM est née en réaction à la situation de crise profonde (migrants, économie en berne) qui touche la Méditerranée. « Des solutions nouvelles doivent être imaginées au-delà du champ politique et implémentées différemment et concrètement », insiste Henri Malosse, son président. Et Nice sera leur tête de pont. Pour le Think Tank, la capitale azuréenne, pourtant peu tournée vers l’autre rive, a l’avantage de présenter une image de nouvel entrant dans la coopération entre les pays méditerranéens, contrairement à Marseille dont les relations sont quasi-exclusivement tournées vers le Maghreb. La proximité de Monaco, la présence de l’aéroport international Nice Côte d’Azur, la richesse universitaire récemment récompensée par la labellisation IDEX et le potentiel économique du territoire ont également été pris en compte. L’objectif, aujourd’hui, est donc « de mobiliser le tissu économique local pour nous accompagner ». D’où le rapprochement avec l’UPE06, qui héberge les trois permanents de la structure le temps du démarrage. Structure dont les ramifications vont de Paris au Liban, en passant par Tunis, Alger ou encore Casablanca.

Quant aux moyens nécessaires, « ce n’est pas un problème, coupe court Henri Malosse. Il y a profusion de fondations et associations qui manquent de projets concrets. Notre seul souci, c’est la crédibilité. » Et effectivement, si l’ambition est belle, reste à savoir si elle ne tournera pas court comme les grandes initiatives - politiques - récentes, du processus de Barcelone à l’Union pour la Méditerranée.