Très tôt, Thierry Maho a su que son destin serait lié à celui de l'entreprise de bâtiment créée par son père Noël Maho. Très tôt, il s'est senti l'âme d'un dirigeant. Très tôt, son père a vu en lui un repreneur. Aussi, il est peu aisé de dissocier l'homme du bâtisseur. Là où son père a apporté les premières pierres à l'édifice d'une entreprise de maçonnerie créée en 1962, Thierry Maho a consolidé les fondements de la bâtisse. Grâce à une structuration qu'il a impulsée quelques années à peine après la reprise effective.
Le chef d'entreprise structuré
Le 1erjanvier 1998, Thierry Maho prend la direction de l'entreprise Noël Maho et du Bâtiment Pontivyen. Il engage ensuite le groupe dans une forte croissance externe via la création et l'acquisition d'entités spécialisées à la gestion propre. Aujourd'hui, le groupe de sept entreprises au chiffre d'affaires de 15M€ poursuit son développement avec le rachat, officiel au 1erjuillet 2010, de la société de maçonnerie Garniel à Plouay (50salariés, 6M€ de chiffre d'affaires). Le groupe recensera ainsi un effectif de 210salariés. Passée l'histoire presque scellée d'avance de la transmission familiale qui le conduit à embrasser un parcours de gestionnaire validé par un bac G2, un BTS en comptabilité et gestion puis une formation professionnelle de métreur tout corps d'état, Thierry Maho retient le bénéfice de deux expériences ?auto-structurantes?. La première, au début de sa vingtaine, est celle d'un mois passé dans les environs de New-York aux États-Unis aux côtés d'un grand-oncle opérant sur le marché du coton à Wall Street. La seconde est celle d'une formation de manager suivie dix ans plus tard alors qu'il passe gérant du Bâtiment Pontivyen et que la succession se prépare. Au bénéfice desquelles, il retire la philosophie «bien-être et performance» qu'il vulgarise en un «cool et efficace». «En reprenant l'entreprise de mon père, j'en ai conservé les valeurs de travail et de compétences tout en les adaptant à ma propre approche.» Et de préciser: «J'aime déléguer et hisser mes collaborateurs au maximum de leur potentiel. Je préfère dépenser de l'argent dans l'encadrement pour avoir un regard concis et posé sur les différentes activités du groupe.» De la même manière, Thierry Maho rejette l'opposition ?ouvriers versus patrons? en «rationalisant et mettant tout le monde sur un pied d'égalité». Et «ne concevant pas l'embauche comme une charge mais comme une valeur ajoutée». Pour un peu, il édulcorerait à lui-seul des valeurs d'inertie qui peuvent coller à la peau de la profession et de ses représentants.
L'homme structuré
«Dans les années 1990, mon père faisait partie du comité exécutif de la Fédération morbihannaise du bâtiment et des travaux publics. Je ne souhaitais pas intégrer la Fédération dont j'avais une image négative, à l'opposé de ma vision évolutive.» Et pourtant: président de la FFB 56 depuis octobre2007, Thierry Maho candidatera, au cours de la prochaine assemblée générale en juin, pour enchaîner sur un deuxième mandat de trois ans. «Je suis entré dans le bureau en 2002 au même moment que quatre ou cinq personnes de mon âge.» Et, dorénavant, son avis sur l'instance est tout autre. «La force de notre Fédération réside en des échanges clairs empreints de franc-parler.» Via le label «Bâtir avec l'environnement» qu'il a lancé en octobre2008, sa qualification au sein du cluster habitat durable du Conseil général en tant que membre associé à la Chambre de commerce ou encore l'École du bâtiment qu'il a créée et préside depuis juillet2009, Thierry Maho renforce l'information et la formation «aux enjeux de demain» prodiguées par la FFB, au-delà de l'assistance juridique et du lobbying. Également vice-président de l'Udem (Medef 56), Thierry Maho achève de se présenter comme un passionné «cartésien» de la construction. Qu'elle soit de bon sens à l'image de son engagement pour le développement durable depuis plus de dix ans. Ou énigmatique à l'image des mégalithes dont il étudie l'origine au sein de l'association Acem qu'il a créée et préside depuis 2008.
Président de la FFB 56, Thierry Maho est l'artisan structurateur du groupe de bâtiment éponyme. À mi-chemin entre les valeurs d'efficacité transmises d'un père à son fils et la ?coolitude?, ce cartésien est métreur jusque dans ses convictions et passions.
Hélène Collet