Terrena : La coopérative soigne ses usines de transformation de viande
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Terrena : La coopérative soigne ses usines de transformation de viande

Agroalimentaire Longtemps dans le rouge, le pôle viande de Terrena renoue avec les bénéfices. La coopérative agroalimentaire d'Ancenis entend enfoncer le clou en investissant 180 millions d'euros dans cette activité qui emploie 6.800 salariés et dont l'un des vaisseaux amiraux pourrait changer de main en 2018.

C'était devenu le talon d'Achille de Terrena. Employant pourtant plus de la moitié des effectifs salariés de la coopérative agroalimentaire d'Ancenis (6.800 des 12.800 collaborateurs), détenue par 22.000 agriculteurs, le pôle viande de Terrena perdait de l'argent depuis plusieurs années. Gastronome, filiale de transformation de volailles, affichait ainsi près de 9 millions d'euros de perte d'exploitation en 2013. Les comptes d'Elivia, l'autre poids lourd de la viande, bovine cette fois, étaient également dans le rouge. Jusqu'à l'an passé. Car en 2014, l'ensemble du pôle viande est revenu à l'équilibre. « Le résultat d'exploitation du pôle produits carnés s'est amélioré de 24 millions d'euros en 2014 », se félicite Maxime Vandoni, directeur général de Terrena.




Résultat en hausse de 32 %

Le redressement de ce pôle a permis à la coopérative d'améliorer l'an passé son résultat net (22 millions d'euros) de 32 %. De quoi renforcer la structure financière du groupe. Avec 610 millions d'euros de capitaux propres, Terrena « peut aujourd'hui aller chercher de la croissance », estime Maxime Vandoni. Les dirigeants de l'entreprise comptent ajouter deux milliards d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire d'ici à 2020. Cela propulserait Terrena dans le top 10 européen des coopératives agroalimentaires. Le chiffre d'affaires du géant d'Ancenis est actuellement de 4,7 milliards d'euros. Conforté par les acquisitions des vins Ackerman (200 salariés) et des maraîchers du Val Nantais (250 salariés), mais impacté par la baisse du prix des matières premières, il ne progresse aujourd'hui que légèrement, de 0,3 %.




100 millions pour Elivia

En attendant de nouvelles alliances ou de nouveaux rachats, la coopérative entend encore renforcer ses performances industrielles. Elle ne réalise en effet que 0,73 % de résultat opérationnel. « L'objectif, c'est d'être à 1 % à la fin de chaque année », expose Hubert Garaud, président de Terrena. Pour cela, les dirigeant de la coopérative comptent de nouveau améliorer les résultats de leur pôle viande, en débloquant 180 millions d'euros sur trois ans pour ses filiales Elivia et Gastronome.




80 millions pour Gastronome

Côté volaille, presque toutes les quatorze usines de Gastronome bénéficieront de 80 millions d'euros d'investissement. Il s'agit d'améliorer la performance des sites et de mieux répondre aux exigences en termes de normes environnementales ou de sécurité. Mêmes objectifs recherchés pour les 100 millions d'euros que va injecter Terrena dans les 16 usines de sa filiale Elivia, numéro deux français de la viande. Trois sites bénéficieront en particulier de ce plan : les usines du Lion-d'Angers (49), de Villers-Bocage (14) et de Bougé-Chambalud (38). Maxime Vandoni reste encore discret sur les contours de ce plan d'investissement : « L'un de ces sites sera spécialisé. Pour les deux autres, il s'agit d'accroître les capacités de production », indique laconiquement le dirigeant. Dans le Maine-et-Loire, Elivia renforcera son atelier de désossage tandis que l'usine normande se spécialisera dans la production de steaks surgelés.




Le deal irlandais d'Elivia

Pour Terrena, ce plan d'investissement intervient à une période cruciale. Numéro 2 de la viande rouge sur les îles britanniques, le groupe irlandais Dawn Meats (3.350 salariés) s'apprête en effet à prendre 49 % du capital d'Elivia. Il ne manque aujourd'hui plus que le feu vert de l'Autorité de la concurrence, pour que le projet devienne opérationnel avec un effet rétroactif au 1er janvier dernier. Les fiançailles doivent durer trois ans, avant que le groupe irlandais prenne 70 % du capital. Tout dépendra des résultats enregistrés par Elivia à cet horizon, que doit donc améliorer le plan d'investissement. « En 2018, on aura, nous Terrena, la possibilité de vendre 21 % à Dawn Meats. Si nous ne décidons pas de vendre, en 2019, Dawn Meats aura la possibilité de dire : " j'achète les 21 % " », explique Maxime Vandoni. Tout est donc fait pour favoriser la prise de contrôle par Dawn Meats. Il faut dire que l'alliance est, pour les dirigeants de Terrena, stratégique. Le marché français du bovin régresse en effet de 4 % alors que le marché mondial progresse à deux chiffres. Problème pour Terrena : l'international est tout sauf inscrit dans les gènes de la coopérative. Contrairement au groupe irlandais qui exporte ses viandes dans une quarantaine de pays.




Gastronome « en situation de devoir bouger »

Au niveau de la volaille, Terrena est également « en situation de devoir bouger », confie Maxime Vandoni. Deuxième volailler français derrière la récente alliance entre LDC et Sofiprotéol, Gastronome (près de 4.000 salariés, 873 millions de chiffre d'affaires) pourrait donc voir son périmètre ou la composition de son capital évoluer dans les prochains mois. « On regarde tout ce qui se passe. On travaille sur certaines idées », indique le directeur général de Terrena. Et la coopérative ne se limite pas aux frontières françaises. Désormais, l'environnement de Terrena devient en effet européen.

Terrena



(Ancenis) Président : Hubert Garaud 12.779 salariés 4,7 milliards d'euros de CA 02 40 98 90 00 www.terrena.fr

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