« C’est tout simplement… énorme ! ». Michel Prendleloup, P-dg de Terbis PHP, exulte : « La qualification de ce projet peut vraiment nous faire changer de division ! ». Retenu dans le cadre de "l’Appel des 30", initiative qui vise à valoriser des gisements fonciers mobilisables dans la Vallée de la chimie. Une trentaine de partenaires privés et publics, ont retenu en avril une dizaine de projets lauréats, dont celui de Terbis. Cumulés, ces projets représentent un potentiel de 170 emplois et 200 millions d'euros d’investissement.
« Nous espérons ainsi valoriser 70 000 tonnes de déchets par an »
Originellement spécialisée dans la dépollution de sites industriels, cette PME basée dans l’Ain peut en effet espérer avec ce seul projet quadrupler son chiffre d’affaires, établit en 2016 à 3 millions d'euros et générer une cinquantaine d’embauches « Il s’agit d’un centre de déchets destiné aux produits carbonés souvent voués à l’abandon. Grâce à une technologie par pyrolyse (brevetée par le groupe allemand KSW, NDLR), nous espérons ainsi valoriser 70 000 tonnes de déchets par an, pour une puissance installée de 10 MW », détaille Michel Prendleloup. Dans le même temps, cette plateforme - qui sera installée sur un terrain de quatre hectares à Saint-Fons, propriété du groupe industriel Kem One - produira chaque année jusqu’à 8 000 tonnes de méthanol et 16 000 tonnes le dimethyl éther. Des liquides produits à la température ambiante que Terbis PHP entend proposer aux différents acteurs qui maillent la Vallée de la chimie ; une zone qui s’étend sur une dizaine de kilomètres au sud de la métropole de Lyon, jusqu’à Solaize.
Un financement encore à l'étude
Nécessitant un investissement estimé à 100 millions d'euros, ce centre de déchets devrait être opérationnel en 2019 ou 2020. Le plan de financement est toutefois encore « à l’étude », reconnaît Michel Prendleloup. « Nous devons encore faire des arbitrages ». À ce stade, une chose est sûre : ce financement sera en partie porté par la société HPC International, filiale du groupe allemand HPC AG. « Il s’agit de notre partenaire sur ce projet. Nous espérons un financement d’un fonds allemand spécialisé dans les énergies vertes et pourrions solliciter Bpifrance ou encore la Caisse des dépôts et consignations ».