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Tennaxia fait de la gestion des déchets et de la RSE ses moteurs de croissance
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Tennaxia fait de la gestion des déchets et de la RSE ses moteurs de croissance

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À Changé (Laval), Tennaxia développe des logiciels et des conseils aux ETI pour la gestion de leurs déchets et plus largement pour leur démarche RSE. Née il y a vingt-et-un ans, l’entreprise pionnière en son domaine connaît une croissance annuelle d’environ 30 % et agrandit quasi simultanément ses bureaux à Laval, Paris et Lyon.

Bernard Fort dans ses locaux de Changé (Laval) encore en travaux. Le siège de Tennaxia va passer de 300 m2 à 550 m2 — Photo : Rémi Hagel

À Laval, le siège de Tennaxia est en chantier. Démarré en janvier, il doit se terminer en juillet, faisant passer les locaux de 300 m2 à 550 m2, soit 500 000 € de travaux. Il est prévu un gain de surface équivalent pour les bureaux de Paris et de Lyon, l’activité des trois sites connaissant un développement similaire. Cette expansion physique est corrélée à celle de l’activité de cette société mayennaise, passée d’un chiffre d’affaires de 7,40 millions d’euros en 2020 à 9,20 millions d’euros en 2021, et qui prévoit 12 millions d’euros pour 2022. Elle compte 75 salariés, et en recrute actuellement 15 de plus.

43 % des déchets gérés via la plateforme

La première activité de Tennaxia concerne la gestion des déchets. L’entreprise a conçu une plateforme logicielle qui permet au client de collecter et d’enregistrer les données qui concernent ses déchets, de les analyser. Les clients sont majoritairement des industriels : des ETI ou des grands groupes multisites qui ont besoin de réunir des données de leurs divers établissements. "Les tout premiers clients sont encore là aujourd’hui", savoure Bernard Fort, co-fondateur de Tennaxia il y a vingt-et-un ans. "43 % des déchets industriels dangereux en France sont gérés par notre plateforme, c’est énorme ! C’est la prime aux pionniers".

Alors qu’il travaillait comme commercial pour l’ETI mayennaise de traitement de déchets Séché Environnement, dans les années quatre-vingt-dix, Bernard Fort avait constaté que la plupart des entreprises clientes ne maîtrisaient pas ou peu la gestion de leurs déchets. Et s’était rendu compte qu’il y avait "quelque chose à faire". Il s’était alors associé à Maxime Delorme pour créer Tennaxia en 2001. Ensemble, ils ont développé ce logiciel de gestion de déchets. Ils ont réalisé une première levée de fonds de 177 000 € en novembre 2001. Quoique modeste, celle-ci a permis la première embauche, et un démarrage effectif de leur activité en 2002. Bernard Fort à Laval, Maxime Delorme à Paris, et leur salariée à Lyon ont alors posé les bases du schéma qui s’est développé depuis, à partir de ces trois villes.

Également une veille réglementaire

Dès ses débuts, Tennaxia a également proposé un deuxième service : une veille réglementaire sur les questions de déchets, mais aussi sur celles de l’énergie, de la santé-sécurité au travail, et de la sûreté (actes de malveillance). "Un site industriel est concerné par 3 500 incidences réglementaires en moyenne", argumente le patron. S’appuyant sur cette veille, les entreprises peuvent vérifier leur conformité.

Au fil des années, la plateforme logicielle s’est étoffée. Elle a intégré la dimension de gestion des risques HSE. "Vous pouvez être en conformité avec les règles, cela n’empêche pas certains risques. Vous avez par exemple des camions qui traversent la cour, des ponts roulants, etc.". La plateforme s’est ensuite enrichie d’un module pour piloter les démarches RSE des entreprises. Aujourd’hui, 2 000 sites d’entreprises utilisent la plateforme.

Les investisseurs aussi font appel au logiciel

Dernière évolution, le logiciel intéresse aussi des investisseurs. Il leur permet de collecter des données sur les entreprises dans lesquelles ils envisagent de prendre des participations. Eux-mêmes doivent rendre des comptes auprès de leurs financeurs, et par ailleurs, la RSE crée de la valeur pour l’entreprise concernée, ce qui pourra assurer une plus-value à l’investisseur.

L’offre logicielle est complétée, au besoin, de conseils des consultants de Tennaxia. "Nos consultants interviennent uniquement à la demande des clients du logiciel, ils ne vont pas chercher de clients supplémentaires pour réaliser des audits de conformité réglementaire", précise Bernard Fort. Cette activité représente 30 % des revenus de l’entreprise, contre 70 % pour le logiciel. Cette proportion ne devrait pas évoluer. Tout comme le nombre de sites de Tennaxia. Le triangle actuel permet un bon équilibre.

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