«Nous avons recommencé à gagner de l'argent au mois d'octobre», explique Karim Behlouli le directeur de production de l'usine Techni Lin de Valliquerville. «Le problème, c'est que les contrats prévus au mois de mars ne sont arrivés qu'en octobre. Entre-temps, nous avons perdu beaucoup d'argent et les actionnaires ont préféré ne pas remettre, le secteur du lin étant lui aussi en crise».
Un actionnariat agricole
Techni Lin est le fruit du rassemblement de coopératives agricoles telles que les Coopératives de teillage de lin de Cagny (14) et Agy Lin (76) qui regroupent plus de 500 producteurs. Ceux-ci exploitent plus de 8.000 hectares de lin en Haute et Basse Normandie et assurent à Techni Lin, un lin de première qualité. Avec pour principal débouché le secteur automobile via le non tissé (un procédé de fabrication d'étoffes court grâce à une seule ligne de production), Techni Lin est touché de plein fouet par la crise: «Notre problème, c'est que nos clients sont essentiellement dans l'automobile. La crise de l'automobile a fait diminuer nos commandes de 30% en novembre et de 80% en décembre. Alors, si le secteur automobile repart, les choses peuvent s'arranger. Sinon, il faudra nous diversifier». En matière de diversification Techni Lin ne manque pas d'atouts. Grâce à ses deux lignes de fabrication récentes dont l'une date de 2000 et l'autre de 2006, l'usine peut travailler dans des domaines variés: paillage horticole, isolation, confections de chaises, de tables... «Nous maîtrisons les machines et les fibres; la diversification n'est pas un problème pour nous». Ce qui manque aujourd'hui à Techni Lin pour passer la crise? Deux ou trois bons commerciaux pour démarcher de nouveaux secteurs industriels et surtout un repreneur qui croit en l'usine, ses salariés et ses capacités. Sébastien Colle
Société spécialiste de l'utilisation des fibres de lin non tissées, créée en 1995 à Valliquerville près d'Yvetot, Techni Lin se trouve aujourd'hui en redressement judiciaire depuis la fin du mois de juillet.