Après des mois d'attente, de discussions, un premier repreneur qui avait finalement renoncé (Gary Klesch), le géant industriel Tata Steel a annoncé lundi 11 avril avoir signé un accord avec le fonds d'investissement britannique Greybull Capital pour la vente de sa branche produits longs en Europe, dont fait partie l'usine mosellane. Cette branche aciers longs emploie 4.800 personnes en Europe, dont 450 à Hayange. Hans Fischer, directeur général des opérations en Europe de Tata Steel, s'est félicité de cet accord : « dans ces conditions de marché difficiles actuelles en Europe, avec la flambée des importations en provenance de Chine, nous sommes heureux que Tata Steel UK et Greybull Capital soient entrés dans la phase finale de réalisation de la vente. » L'opération devrait être bouclée dans les prochaines semaines, Tata Steel devant attendre l'obtention de certaines autorisations gouvernementales, dont celle de Bercy, dans le cadre du décret Alstom. Ce décret créé par l'ancien ministre au redressement productif Arnaud Montebourg est relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable, lorsqu'ils interviennent dans des « secteurs stratégiques » comme c'est le cas pour l'usine Tata Steel.
14 millions d'euros de bénéfices en 2014
L'activité produits longs en Europe de Tata Steel comprend également une aciérie à Scunthorpe, deux à Teeside ainsi qu'un atelier d'ingénierie à Workington au Royaume-Uni. Selon Le Monde, en 2015, sa branche acier dans ce pays a perdu 768 millions de livres (950 millions d'euros) pour un chiffre d'affaires de 4,2 milliards de livres. L'usine hayangeoise est le seul site du géant indien dans cette branche produits longs à dégager des bénéfices (14 millions d'euros en 2014), « et nous battons de véritables records de production. Sur la période 2015-2016, 350.000 tonnes de rails devraient sortir de l'usine, contre 330.000 tonnes pour l'année précédente, nos produits ont une qualité de renommée mondiale, c'est une très grande force pour les salariés du site », expliquait il y a quelques mois David Petitjean, alors directeur de l'usine. Les salariés continuent donc de produire, et « nous avons une visibilité de trois ans sur nos carnets de commandes, nous devrions atteindre les 18 millions d'euros de bénéfices. » L'usine hayangeoise réalise un chiffre d'affaires de 310 millions d'euros. 30 à 40 % de sa production est destinée au marché français des rails. SNCF Rés
eau avait d'ailleurs annoncé à l'automne la signature d'un accord-cadr
e pour la fourniture, dans les 5 prochaines années, de 750.000 tonnes de rail par quatre entreprises dont Tata Steel, soit au total un milliard d'euros investi dans la production de rails.
50 millions d'euros investis en Moselle en cinq ans
Tata Steel avait investi un total de 50 millions d'euros depuis 2011 sur son site mosellan, pour le doter d'une ligne de production de rails allant jusqu'à 108 mètres, puis d'une nouvelle ligne de traitement thermique. L'usine de Hayange est devenue spécialisée dans la fabrication de rails longs. Greybull Capital est un family office, fonds britannique détenu par deux frères français Marc et Nathaniel Meyohas, associés à Richard Perlhagen. Il a annoncé qu'il allait consacrer 400 millions de livres (495 millions d'euros) à un plan d'investissements et de financement de l'entreprise, qui sera relancée sous le nom de British Steel.
Acier. Epilogue pour l'usine Tata Steel de Hayange et ses 450 salariés. Le géant industriel indien a annoncé ce lundi 11 avril la signature d'un accord pour la vente de sa branche produits longs en Europe au fonds d'investissement Greybull Capital.