En ces temps incertains, où le secteur du BTP n'en finit plus de plonger dans des abîmes toujours plus profonds, il est des entreprises qui continuent d'investir. À l'instar de Tama, groupe de travaux publics azuréen, qui fête cette année ses 50 printemps. L'entreprise dirigée par Philippe Renaudi a mis sur la table une enveloppe de 3 M€ pour acquérir et aménager son nouveau siège social, situé dans une ancienne carrière de Cagnes-sur-mer, qui s'étend sur une surface de plus de deux hectares. « Investir alors que l'activité reste atone, c'est prendre un risque, concède le dirigeant, mais ce risque est calculé. D'ailleurs, n'est-ce pas le propre de l'entrepreneur ? »
Deux chantiers emblématiques
Organisé en filiales, le groupe Tama est spécialisé dans le terrassement, les travaux maritimes et l'entretien de voirie d'une part, dans la canalisation et le génie civil de l'autre. Il a totalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 20 M€, en baisse régulière depuis le début de la crise, il y a maintenant six ans. Une éternité pour le groupe azuréen, qui engrangeait alors plus de 28 M€ de facturations et frôlait les 200 salariés. « Les signaux demeurent préoccupants, constate le dirigeant, et la suppression de 11 milliards d'euros de dotations aux collectivités locales n'arrange rien. L'investissement en fera encore les frais. » Et pourtant, Tama résiste. S'il a loupé le coche du tunnel du tramway, le groupe est engagé dans deux grands chantiers emblématiques : le parvis de la gare SNCF de Nice, conduit par Eiffage pour 3,2 M€, et la réalisation du quai d'honneur du port Canto de Cannes, piloté par Vinci pour 9,5 M€.
Recyclage et diversification
Toutefois, face à un carnet de commandes qui manque de visibilité, le groupe cherche à faire évoluer son activité et prend de nouvelles orientations. La création d'une plateforme de recyclage en fait partie. « Il s'agit de transformer le béton issu du marché de la déconstruction en sable et graviers que l'on utilise pour nos propres chantiers », explique Philippe Renaudi. Cette orientation vers le recyclage constitue une source d'économie non négligeable : « 20 % de nos besoins en matériaux sable et graviers sont ainsi couverts », estime le dirigeant. Et un débouché alternatif à la problématique des déchets qui a atteint son apogée depuis la fermeture de La Roque. Le groupe envisage également de se diversifier et de développer une activité de service destinée aux entreprises du BTP. En attendant, Tama est sur les rangs pour participer à deux autres chantiers d'envergure azuréens : l'aménagement du centre-ville de Mandelieu, et celui du giratoire du futur centre commercial Polygone Riviera de Cagnes-sur-mer. Réponse attendue cet été.
Tama
(Cagnes-sur-mer) Dirigeant : Philippe Renaudi CA 2013 (holding) : 20 M€ 140 personnes Tél. : 04 93 31 24 73 @email