Placée en redressement judiciaire à sa demande en novembre 2025, Keep It Clean (CA : 800 000 €) a connu une chute rapide. Basée à Florange, en Moselle, la société de nettoyage est désormais en liquidation judiciaire depuis le 17 février 2026. Et arrêtera définitivement son activité le 10 mars 2026, occasionnant 20 licenciements.
Créée en 2022, la société avait conclu depuis mai 2022 un contrat avec la Société d’Exploitation des Thermes d’Amnéville (SETA), plus connue sous le nom de Pôle thermal d’Amnéville (CA 2024 : 18,90 M€ ; 277 salariés), en Moselle. "Tout se passait bien, jusqu’aux travaux du Pôle thermal", résume Yves Laux, le gérant de Keep It Clean (KIC). À Amnéville, la société intervenait sur deux des sites exploités par le groupe landais Arenadour : la villa Pompéi, spécialisée dans le bien-être haut de gamme et concentrant 20 % des activités totale de la société début 2025 et l’établissement de bien-être en eau thermale Thermapolis, représentant 40 % de l’activité de la PME mosellane à la même date.
Des travaux prolongés
Fin février 2025, le Pôle thermal d’Amnéville engage des travaux de rénovation à Thermapolis, visant notamment à rénover les vestiaires et à créer un bassin extérieur de 200 m². À l’origine, ces travaux devaient durer jusqu’à juillet 2025. L’établissement devrait finalement rouvrir au deuxième trimestre 2026.
"Sur le fond du dossier, il est essentiel de préciser concernant les responsabilités de ce chantier que la SETA n’est pas le maître d’ouvrage des travaux en cours. Cette responsabilité incombe à la SPL Destination Amnéville Moselle. À ce titre, la SETA n’est pas mieux informée que les prestataires sur le calendrier réel des travaux. Nous subissons de plein fouet et de manière identique à KIC, les conséquences des retards de chantier qui impactent lourdement son exploitation et son équilibre économique", explique la SETA dans un communiqué.
Un désaccord entre les deux entreprises
"Nous avons placé en chômage partiel les 8 salariés travaillant sur ce site", décrit le dirigeant de Keep It Clean. En août 2025, ne pouvant plus prolonger le chômage partiel de ses salariés, le dirigeant décide de reprendre la facturation des services de Keep It Clean à Thermapolis, alors que l’établissement est toujours en travaux. Le Pôle thermal refuse alors de payer ces prestations, qui n’ont pas lieu.
"De notre côté, nous ne pouvions pas rediriger ces salariés vers d’autres chantiers. Déjà, il faut trouver les clients. Et puis certains salariés habitaient près d’Amnéville et n’avaient pas toujours le permis de conduire. Nous n’avions pas non plus le droit de les licencier, car le contrat avec le Pôle thermal était toujours en cours", se désole Yves Laux. "Les seules factures non honorées, sur le seul périmètre de Thermapolis, concernent spécifiquement le périmètre du chantier en travaux, comme cela a été annoncé et convenu avec KIC. En l’absence totale d’activité sur cette zone, aucune prestation ne peut être validée ni, par extension, facturée", réagit la SETA.
Un trou de 160 000 euros
Au total, le dirigeant a payé 160 000 euros de salaires aux collaborateurs concernés, sur la période allant d’août à février 2026, avec la trésorerie de l’entreprise… Qui n’a pas pu s’en relever. "Nous aurions dû évoquer par écrit le sujet de la facturation, dans le cas où les travaux dépassaient la période d’activité partielle", regrette le dirigeant. Début 2026, la SETA a dénoncé le contrat la liant à Keep It Clean.