C'est sûr qu'en terme de calendrier, c'est du pain béni pour l'oppositions strasbourgeoise : la relance du dossier du Grand contournement ouest (GCO) est venue, fin novembre, jeter un pavé dans la marre des élus de la ville et de la communauté urbaine. S'ils semblent désormais vouloir se plier aux préconisations du rapport Panhaleux-Renvoisé, - un courrier commun mi-décembre des collectivités au ministre Cuvillier en atteste - , il n'en reste pas moins que François Loos (UDI) comme Fabienne Keller (UMP) regrettent le retard de 18 mois pris sur ce projet et ne se privent pas de le dire, chacun de leur côté, à trois mois des municipales. « Il ne faut se glorifier du résultat : il vient tard », rappelle le candidat UDI François Loos, « on a perdu du temps pour le faire, et tout ce qui va avec : les silos, les parking relais, les solutions de covoiturage... ». Soit autant de sujets qui reviennent aujourd'hui sur le tapis.« Avec la disparition de places de parking sans subsitutions, Strasbourg est devenue une ville difficile d'accès », ajoute l'UMP Fabienne Keller, « les hésitations sur le GCO sont incompréhensibles et décevantes pour les entreprises ». La candidate craint par ailleurs de voir le dossier réenterré après les municipales. Dans la même veine s'inscrivent les dossiers du TGV Rhin-Rhône et du convalescent aéroport d'Entzheim. « C'est un combat », affirme François Loos, « il faut, pour l'aéroport, pousuivre la recherche de nouvelles lignes, d'horaires cohérents vers Paris, Bruxelles ou Francfort ». Du côté du TGV, Fabienne Keller insiste sur deux points : l'achèvement de la LGV Rhin-Rhône et l'amélioration de la desserte de Strasbourg, à travers l'ouverture d'une ligne Francfort-Marseille, notamment.
Rayonnement européen
Des dossiers qui doivent permettre, selon eux, d'apporter des gages de la volonté de cette ville et de son agglomération de maintenir une influence industrielle et européenne, qu'ils jugent en déclin. Bien sûr, il y a, sur le deuxième volet, les coups de boutoir des députés européens contre le Parlement de Strasbourg : « Nous avons un vrai lobby, très organisé, très fort en communication, face à nous », constate Fabienne Keller, « et bien faisons de même. La ville doit coordonner une action forte sur cet item, à l'échelle du sujet ». C'est dit. Sur la dimension industrielle, le constat un peu général de la désindustrialisation de l'agglomération, difficile à quantifier au-delà des dossiers les plus médiatiques, est partagé. « Strasbourg a créé du logement, mais pas l'activité qui doit aller avec », poursuit le candidat UDI. La feuille de route Strasbourg Eco 2020 ? « Ce sont des études et de la communication. Rien de concret », selon lui. Il pointe du doigt la multiplication de friches tout en soulignant le potentiel qu'elles offrent en matière d'accueil d'entreprises. Notamment l'ex raffinerie de Reichstett et ses 200 hectares. Un dossier qui avance lentement et qui permettrait d'apporter des solutions aux entreprises en quête d'espace à moyen terme. Il regrette encore ce qu'il considère comme des virage ratés : « Comparons avec Bordeaux où il y a 19.000 emplois dans le numérique, contre 9.000 ici , ou encore 9.000 emplois dans l'économie verte contre 3.500 ici ».En creux de ces critiques, les axes dont chacun des deux candidats veulent faire leur cheval de bataille de la campagne... Sur fond d'une fiscalité (CFE, taxe transport) qu'ils jugent défavorables pour les entreprises. « Mon ambition n'est pas d'en augmenter le taux », conclut pour sa part Fabienne Keller, « mais, en créant les conditions favorables au développement économique, d'en élargir l'assiette ».
Communauté urbaine de Strasbourg Sans surprise, les deux principaux challengers de Roland Ries appuient là où cela fait mal : le dossier du GCO est au coeur de leur campagne. Désindustrialisation et rayonnement européen sont également pointés du doigt. Rencontres avec Fabienne Keller (UMP) et François Loos (UDI).