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SPTMI : Sauvée par la procédure de sauvegarde
Témoignage Marseille # BTP # Reprise

SPTMI : Sauvée par la procédure de sauvegarde

Il y a cinq ans, la société marseillaise SPTMI, dans une situation proche de la cessation de paiement, s'est mis sous procédure de sauvegarde auprès du Tribunal de commerce de Marseille. Une décision qui a sauvé l'entreprise qui, aujourd'hui, a renoué avec la croissance...

« En 2012, l'entreprise SPTMI était structurellement surdimensionnée. Elle ne disposait pas d'outils de pilotage précis et avait accumulé plusieurs mauvais dossiers. Les anciens actionnaires ont ainsi fait appel à mes services pour la redresser », rappelle Éric Métoïs, qui, depuis a repris l'entreprise. « Après avoir rapidement dressé le bilan de la situation, nous nous sommes placés sous la protection du tribunal de commerce dans le cadre d'une procédure de sauvegarde, qui a été entamée en janvier 2012. C'est une démarche qui permet notamment de geler le passif. Nous avons également pu mettre en place un plan de licenciement, que nous n'aurions pas pu financer sans cela ». L'entreprise est alors passée de 140 à 65 salariés, et, de 18 millions d'euros à 11 millions d'euros de chiffre d'affaires. « La société, qui trouve son origine en 1948, bénéficie d'une forte notoriété, nous avons ainsi gardé la confiance de nos partenaires ». L'entreprise, à l'origine principalement positionnée dans le secteur maritime, intervient dans l'habitabilité. « Nous faisons du travail du bois, du métal, du calorifugeage... À partir des années 1990, nous avons élargi notre activité au secteur du bâtiment, puis, en 2000, SPTMI s'est positionnée dans l'industrie agroalimentaire. « Notre savoir-faire en métallerie nous permet ainsi d'intervenir dans l'industrie ». Aujourd'hui, le bâtiment représente 50 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.

Ce n'est pas une fatalité mais un outil

« En nous mettant sous la protection du tribunal de commerce via la procédure de sauvegarde, nous avons repris la chaîne de chiffrage des chantiers, nous avons retravaillé notre modèle économique et cela nous a permis de renouer avec la croissance. Cette procédure nous a permis de geler notre passif. C'est comme un arrêt sur image, sur les dettes, sur les actifs. Il y a un délai, de six mois à un an, pour bâtir un plan de continuation, que nous avons ainsi présenté en janvier 2013 ». L'entreprise avait dans ce cadre-là prévu de rembourser toutes ses dettes sur une durée de neuf ans. « Quand nous sur-performons, nous pouvons anticiper les échéances et réduire ainsi plus vite le poids de la dette. La situation actuelle nous permet d'envisager une sortie du plan avant la date prévue en 2022. La mise sous la protection du tribunal de commerce est certes un outil " extrême " mais qui, s'il est bien utilisé, permet de faire face à de véritables crises. Il ne faut surtout pas attendre le dernier moment. C'était sûrement plus facile pour moi qui arrivais juste dans l'entreprise et n'avais pas à porter le passé ou la faute de la mauvaise gestion. Nous avons par ailleurs travaillé en totale transparence avec nos clients et nos fournisseurs. Tout est question de transparence. Cela n'a pas été simple bien sûr, mais cela nous a apporté beaucoup. Il faut penser que cette procédure n'est pas une fatalité mais peut être un outil... »

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