Jusqu'à présent, les dates de soldes étaient très encadrées sur la base de deux périodes de soldes nationaux dans l'année, chacune de six semaines. Pour contourner les réticences des commerçants à tout changement sur le sujet et favoriser la relance de la consommation, le gouvernement a décidé de faire passer les deux périodes de soldes obligatoires à cinq semaines chacune. Les deux semaines restantes étant depuis le 1erjanvier laissées à l'appréciation de chaque commerçant, à condition qu'elles se terminent au plus tard un mois avant les soldes nationaux.
Un message brouillé
Un système qui propose donc plus de souplesse mais qui ne convainc pas Philippe Depréaux, président des petits commerçants de Rouen: «Ce principe des soldes flottants ne peut véritablement intéresser les détaillants indépendants qui ne disposent pas des mêmes marges que les grandes enseignes et ne peuvent donc solder. Les grandes enseignes ont des marchandises en provenance de pays à bas coûts, donc leurs marges leur permettent de procéder à des rabais toute l'année. Ces soldes flottants sont un ajout aux soldes qu'ils réalisent déjà pendant l'année lors d'opérations de rabais ou de promotions». Si pour certains, ces nouvelles dispositions permettent de redonner un nouveau souffle aux ventes pendant l'année, la multiplication des soldes a aussi tendance à perturber le jugement des consommateurs qui ont ainsi tendance à attendre l'article en promotion ou soldé. Alors fausse bonne idée, concurrence déloyale? Philippe Depréaux en est convaincu: «Ce système créé de l'attentisme chez le consommateur qui attend des prix au rabais pour acheter. Cette attitude est, selon nous, un frein à la consommation. Du coup, les détaillants sont pénalisés car ils ne disposent pas de collection à mi-parcours. Aucune entreprise ne peut fonctionner en réalisant des rabais permanents, il nous faut des marges bénéficiaires pour vivre! C'est donc une forme de concurrence plus marquée entre les grandes enseignes et les petits commerçants. Si ce système doit perdurer, les fédérations de commerçants souhaitent instituer une date unique pour ces soldes flottants».
Sébastien Colle
Depuis le 1erjanvier, la loi de modernisation de l'économie autorise les commerçants à organiser librement deux semaines de soldes supplémentaires. Une bonne idée?