L'année 2012 sera celle du pont de France à Grenoble. Les travaux de son doublement, pour permettre au tramway d'enjamber l'Isère, ont déjà débuté. La construction de la ligne E et ses 11,5km de voirie entre Le Fontanil-Cornillon et Grenoble est le plus gros chantier engagé par le SMTC à ce jour. Son montant est estimé à 300M€. Avec l'extension de la ligne B sur la Presqu'île, dont l'enveloppe s'élève à 50M€, ce sont donc 350M€ qui seront investis dans l'économie locale sur trois ans. À eux seuls, les travaux de voirie de la ligne E sont estimés à 165M€. Les premières bénéficiaires sont les entreprises de génie civil: grands groupes nationaux relayés par leurs antennes locales et sous-traitants, qui sont pour la plupart des entreprises de BTP du cru. C'est en 2013 que sera engagée la réalisation de la plateforme du tram (béton, gazon, reprise de voirie et pose de la voie ferrée) qui fera appel aux compétences de grandes entreprises du BTP spécialisées.
250personnes sur 30mois
L'appel d'offres pour la réalisation de la ligne E, qui court sur plusieurs années, a été réparti en 49lots. Au final, pas moins de 100entreprises seront contractantes, auxquelles s'ajoutent une centaine de sous-traitants et 25concessionnaires réseaux. D'une centaine de personnes début 2012, l'effectif sur le chantier devrait atteindre 500ouvriers à la mi-2014. La ligneE emploiera 250personnes en moyenne sur 30 mois. Sur la ligneB, les 18lots de l'appel d'offres, qui représentent une enveloppe de 28M€, ont été répartis entre une trentaine de contractants, une quarantaine de sous-traitants et quinze concessionnaires réseaux. Ils emploient en moyenne 45personnes sur 30mois. Sur ces gros chantiers, près de 85% de la main-d'oeuvre est iséroise ainsi que plus de 95% des sous-traitants. Une clause d'insertion a été intégrée aux appels d'offres. L'opération bénéficie par ailleurs du dispositif "chantier et emploi" initié par la Métro. «Ces chantiers représentent une aubaine pour les entreprises, au-delà de celles qui ont obtenu les marchés», souligne Michel Issindou, le président du SMTC. En effet, le tram constitue un appel d'air qui profite à tout le BTP de la région. Conjoncture oblige le SMTC, qui finance ce chantier par 90% d'emprunt, reconnaît avoir eu de bonnes surprises lors de l'ouverture des enveloppes de réponse aux appels d'offres. «Nous ne prenons pas le moins-disant, insiste l'élu, la valeur technique de l'offre compte pour 70% dans son analyse. Mais nous assistons à une vraie concurrence, ainsi qu'à une moralisation des pratiques.»
Doucet
Marchés. Pas moins de 49 lots constituent l'appel d'offres du chantier de la ligne E du tramway grenoblois. La plupart des contractants et des sous-traitants sont locaux.