SMC : L'après crise au coeur des débats
# Conjoncture

SMC : L'après crise au coeur des débats

«Comment penser l'après crise?». La Société marseillaise de crédit (SMC) a choisi de placer cette question au coeur des débats, à l'occasion d'une grande soirée mettant en scène chefs d'entreprises et économistes locaux. Morceaux choisis.

Pour Emmanuel Barthélémy, «l'année écoulée a été absolument horrible, mais nous sommes encore vivants». Un constat qui amène une interrogation - «comment penser l'après crise?» - à laquelle les chefs d'entreprises locaux répondent avec un certain pragmatisme. Ainsi, pour Maurice Farine, P-dg de la Confiserie du Roy René, «rien ne sera plus jamais comme avant»: «Désormais, il convient de trouver de nouvelles niches de marché, d'être créatif et réellement innovant». Un diagnostic partagé par François Ranise, dirigeant de Profil, société spécialisée dans les travaux en hauteur: «Nous avons choisi de diversifier notre offre de services, en nous tournant vers le secteur du nucléaire, et en travaillant en Algérie sur du confortement de falaise. Un marché évidemment plus risqué, dans un pays où les délais de paiement sont plus longs...» Son salut, la société Pébéo l'a elle aussi trouvé à l'export, comme l'explique son P-dg Éric Chaveau: «La crise nous a touchés très tôt et très vite, à travers la défaillance de certains de nos clients importants. Au début de l'année, j'étais assez circonspect. Mais finalement, les pays émergents ont su tirer leur épingle du jeu. 2009 aura ainsi été une bonne année pour nous à l'international».




Renforcer le dialogue social

Selon André Cartapanis, professeur d'économie et de finances internationales à Sciences Po Aix-en-Provence, une chose est certaine: la crise n'est pas terminée. «Le pire semble derrière nous, certes, mais la croissance reste fragile et faible». Mais alors, concrètement, comment préparer la reprise dès aujourd'hui? Pour Gilles Nancy, professeur d'économie à l'Université de la Méditerranée, les entreprises vont devoir bousculer leurs modèles: «L'innovation doit être placée au centre du développement des PME, de même que la flexibilité. D'autre part, il conviendra de plus en plus de se placer à des niveaux de qualité et de standards internationaux, et de développer sa veille économique. Enfin, il faudra renforcer le dialogue social entre employeurs et employés». Un dernier point sur lequel Pierre Batteau, professeur en économie et finance à l'IAE d'Aix-en-Provence, insiste tout particulièrement: «L'entreprise, sur l'océan de turbulence des marchés, peut éclater. Le ciment qui la tient, c'est la connaissance qu'elle partage avec ses collaborateurs. Il faut donc leur proposer un projet réellement attractif». Ainsi, pour François Ranise, «cette question de dialogue social doit être traitée dans chaque entreprise ».

# Conjoncture