C’est une première pour la PME girondine Sitoflor (17 salariés, 7,9 M€ de CA), propriétaire de la marque Covergarden, qui commercialise du gazon naturel et synthétique en rouleaux prêts à poser. Elle vient de boucler une levée de fonds de capital développement d’un million d’euros auprès de Crédit Mutuel Equity, qui entre au capital en tant qu’actionnaire minoritaire.
Le golf, un marché d’opportunité
Cette levée de fonds correspond à une volonté d’accélération pour Sitoflor, qui fête ses 15 ans en 2024. L’entreprise se développe en structurant un nouveau marché, investi il y a quelques années : celui du golf. "Nous avons créé une division spéciale, Covergolf, parce que le marché se développe pas mal et se digitalise aussi beaucoup", raconte le dirigeant.
Cette volonté du golf de sortir du green pour se démocratiser, notamment via la simulation, Sitoflor s’en est emparé en 2023 en rachetant la TPE Serlec, née en 1994 à Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes). Cette dernière, qui regroupait deux associés pour "600 000 à 700 000 euros de chiffre d’affaires", était partenaire de Trackman, leader mondial des simulateurs de golf.
Démocratiser la pratique du golf en simulation
"Suite à ce rachat, nous avons créé la marque Covergolf", poursuit Arnaud Dugast. Construite comme une seconde jambe pour Sitoflor, Covergolf entend démocratiser la pratique du golf en simulation… et continuer, en parallèle, à vendre du gazon. "On peut aussi créer des zones de jeu dans les hôtels ou développer des offres dans l’événementiel ou la location de courte ou moyenne durée. C’est, en tout cas, ce qui a déclenché mon besoin de financements, car c’est un marché qui risque d’aller vite et nous voulons prendre une part de marché dominante assez rapidement", justifie encore le PDG.
Doubler de taille d’ici à 5 ans
Avant d’investir ce secteur, Sitoflor, repris en 2009 par Arnaud Dugast, s’est fait un nom comme fournisseur de la pelouse de nombreux stades de Ligue 1, comme celles du Parc des Princes ou du Vélodrome de Marseille. L’arrivée du gazon hybride (mélange de naturel et de synthétique) l’a forcé à aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs. "On a donc développé d’autres marchés : les espaces verts, le paysage, le jardin, les collectivités", raconte le chef d’entreprise. Sitoflor adresse aujourd’hui une quarantaine de distributeurs, essentiellement dans le sud de la France. Il cible majoritairement les professionnels, notamment paysagistes, mais aussi les particuliers via deux boutiques à Bordeaux et à Nice.
Les plans, réaffirmés lors de cette levée de fonds propres, sont clairs. La société souhaite continuer à développer Covergarden, notamment en enrichissant son offre vers des gazons plus responsables (sans produits phytosanitaires, synthétique recyclables…), développer de nouveau points de vente en ciblant le Sud-Est et l’Île de France et doper son activité dans l’e-commerce pour gagner des parts de marché via un futur nouveau site.
Un marché voué à se concentrer
En parallèle, l’entreprise compte sur Covergolf pour "aller chercher de la croissance. L’idée est de doubler la taille de l’entreprise d’ici à 5 ans. Nous n’écartons pas d’autres opportunités de croissance externe, en parallèle de notre développement en propre. Je pense qu’il y a trop d’acteurs dans le gazon synthétique en France et que le marché est voué à se concentrer", termine Arnaud Dugast. Enfin, Sitoflor espère faire pousser son gazon hors de ses frontières, notamment en Espagne.