« Les essais en route, réalisés cet hiver, ont révélé une baisse de 15 % de consommation de carburant. Pour le chalut, que nous allons mesurer en avril, nous visons 20 % d'économie », annonce Laurent Mermier, directeur de Ship-ST. Depuis quatre ans, ce bureau d'études en architecture navale et ingénierie maritime, basé à Lorient, développe un optipropulseur qui doit rendre les navires de pêche moins gourmands en carburant. « Sachant que si un chalutier consomme beaucoup, c'est surtout parce que son hélice est mauvaise », argumente le directeur de Ship-ST. Comme l'objectif n'est pas de gagner en vitesse mais d'agir sur le rendement propulsif, le bureau d'étude lorientais a donc imaginé une hélice qui tourne plus lentement, mais qui se visse et accroche mieux dans l'eau.
Un consortium de 7 partenaires
Cet optipropulseur est développé dans le cadre de l'appel à projet « Économie de carburants à la pêche » lancé en 2009 à la faveur du plan Barnier. Un consortium de sept partenaires a été formé, dont Ship-ST est le « capitaine ». À ses côtés : DGA Techniques hydrodynamiques, Masson Marine et sa filiale Masson Marine Engineering, GTN, le Comité régional de pêche de Bretagne et l'Association du grand littoral atlantique. Ship-ST a investi 200.000€ sur un budget total d'1,3M€.
Accent porté sur la R & D
Cet optipropulseur est l'un des programmes d'une activité R & D sur laquelle le bureau d'étude lorientais a mis l'accent depuis deux ans et orientée vers l'amélioration de l'impact environnemental des bateaux. Créée à Nantes en 2002, installée à Lorient depuis 2010, Ship-ST a toujours mis l'écologie au coeur de ses projets. S'engageant sur des performances de vitesse, de consommation et de sécurité, la société est spécialisée dans les bateaux de travail avec une prédilection pour les navires à passagers. Sa dernière conception du genre : le Fromveur 2 assurant la liaison entre le continent et Molène et Ouessant. Il a été livré en 2011.
Un navire roulier pour Groix
Ship-ST a réalisé 714.200€ de CA en 2014, pour un résultat net de 38.600€. Un CA en baisse de 8 % par rapport à 2013. « Les deux dernières années ont été difficiles du fait d'un manque de projets et aussi d'une concentration de notre activité sur la R & D », concède Laurent Mermier qui se réjouit par ailleurs « d'un réel redémarrage depuis début 2015 ». Ship-ST travaille actuellement sur un nouveau navire roulier pour Groix et sur un bac amphidrome (se déplaçant de la même façon en avant et en arrière) pour Mayotte. Pour se développer, le directeur de Ship-ST veut sortir du marché français. « Nous voulons porter la part d'export, de 20 % actuellement à 30-40 % d'ici à 5 ans », annonce Laurent Mermier, visant les marchés scandinaves. « Des pays à forte sensibilité écologique et où naviguent des bateaux avec une vraie valeur ajoutée. »
Ship-St
(Lorient)
DG : Laurent Mermier 12 salariés CA : 714.200 € www.ship-st.com