« La période estivale a été compliquée pour tout le monde » , reconnaît, laconique, un salarié de Vehixel. Le fabricant de carrosseries pour véhicules de sécurité (fourgons blindés) et de transport urbain aura en effet connu un été brûlant. Avec à la clé, un placement en redressement judiciaire tombé début août, assorti d’une période d’observation de six mois. Une procédure qui sanctionne une forte baisse des résultats de cette entreprise familiale, fondée en 1957 et tenue par les carrossiers Trouillet.
À la recherche d'une « solution extérieure »
4 millions d’euros manquent ainsi aux résultats du premier semestre. De janvier à juin, le fabricant - basé à Attignat aux portes de Bourg-en-Bresse -, aura ainsi généré un chiffre d'affaires de 11 millions d’euros sur les 15 attendus. Suffisant pour gripper la machine Vehixel. « L’entreprise a lourdement souffert du contexte électoral. La longue et intense campagne présidentielle cette année a en effet bloqué de nombreuses commandes de véhicules publics », analyse Jérémie Abadie, chef de mission au sein du cabinet AJPartenaires, désigné comme administrateur judiciaire de Vehixel. Résultat : l’activité transport en commun de personnes - qui représente 75 % du CA de l’entreprise - a plongé de 30 %. « La loi sur la transition énergétique, qui implique d’adapter son offre a aussi fortement impacté Vehixel », poursuit l’administrateur. Sans compter, dans le même temps, la rupture d’un contrat avec un partenaire stratégique.
En 2013, l’entreprise avait déjà connu des difficultés, « après plusieurs années de contraction forte de son chiffre d’affaires liées à la crise économique », comme le rappelle un rapport d’activité de 2015 du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. L’intervention du commissariat du redressement productif avait alors permis à Vehixel de débloquer plusieurs prêts bancaires et institutionnels. Cette fois-ci, les choses sont différentes. « Les discussions sont en cours, mais nous devrions privilégier l’option d’une solution extérieure, à savoir un rachat ou une cession, plutôt qu’un plan d’apuration des comptes », affirme Jérémie Abadie. Une première audience au tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse est prévue le 27 septembre.