Avec près de 25 brevets déposés depuis 2006, dont 7 en propre, le spécialiste de l'extrusion réactive Set Up Performance (15 salariés à Frontonas) a développé un business model à deux faces : côté pile, la fourniture de services de R&D à des clients pour développer des solutions innovantes en plasturgie, et côté face, une stratégie d'innovation débouchant sur des contrats de licencing. Ses clients ? Des fabricants de matières, d'additifs plastiques ou des chimistes ayant besoin d'inventer une nouvelle matière pour répondre à leur cahier des charges. « 50 % de nos clients sont en France, 30 % en Allemagne, 18 % en Espagne, Italie et Grande-Bretagne et 2 % se trouvent dans des régions plus éloignées comme Israël et l'Australie », rapporte Henri Sautel, directeur général de Set Up Performance. Il cite en exemple des brevets développés avec le leader de la transformation de matières premières agricoles Roquette, pour un bio-plastique à base d'amidon, ou avec le chimiste allemand Evonik, pour la création d'un adjuvant pour plastique. Un autre brevet, en collaboration avec une société française, devrait être octroyé sous peu. « Dans 50 % des cas, nous travaillons sur la mise au point d'une formule ne menant pas jusqu'au dépôt de brevet, pour des écrans de télévision qui résistent mieux aux rayures ou des pare-chocs de voiture plus résistants par exemple », note M. Sautel.
Une niche gourmande en investissements
Un modèle qui nécessite de gros investissements en recherche. « Même si le crédit d'impôt-recherche nous permet de financer une partie de nos travaux, nous avons fait plusieurs fois appel à la Bpifrance pour des prêts à taux zéro », affirme M. Sautel. Depuis la création de l'entreprise, ses 4 cofondateurs ont investi 1,6M? dans le matériel et 4 millions d'euros dans la R & D (dont 2M? dans un projet de recherche sur les polyamides techniques mené depuis 2010). Ces investissements ont permis à l'entreprise de développer de nouveaux procédés, comme la synthèse des polymères par extraction réactive, qui devraient déboucher prochainement sur des ventes de licences. Développé depuis 4 ans, ce nouveau procédé, susceptible d'intéresser les chimistes, permet de produire des polymères à grande échelle grâce à un processus de fabrication plus économique et plus rapide (passant d'un délai de 30 heures à 5 minutes). « Cette expertise est unique au monde, car il n'existe aucune autre société privée faisant de la recherche indépendante », précise Henri Sautel. Grâce à un brevet déposé sur ce procédé, Set Up Performance est en phase de commercialisation de ses premières licences, pour des retombées de 500.000 à 1M? par an attendues à compter de 2016.
Un nouveau marché ?
Cette innovation laisse entrevoir de nouvelles perspectives de développement, car la société souhaite capitaliser sur l'extrusion réactive pour se lancer dans la fabrication d'un polyester. L'objectif ? Produire des matières bio-sourcées, de type PBAT, pour l'emballage, le textile ou encore l'automobile. Pour minimiser les avances de trésorerie, Set Up Performance a opté cette fois pour une thèse, en collaboration avec l'Insa et l'Université Claude Bernard de Lyon. Une formule qui devrait lui coûter entre 800.000 ? et 1M? sur 3 ans (comprenant le transfert et l'industrialisation). « Nous nous donnons un an et demi pour mettre au point le procédé en laboratoire, avec un premier transfert, et le reste pour la montée en puissance et l'industrialisation », estime M.Sautel. Le but ? Proposer un démonstrateur d'ici 2018.
Set Up Performance
(Frontonas) Dg : Henri Sautel 15 salariés CA 2013 : 1,2 millions d'euros www.setuperformance.com