« Je suis un ancien horloger industriel alors j'aime utiliser cette métaphore. Mon ambition, je ne m'en cache pas, est de faire de Sudelec un bijou industriel. Ce n'est pas parce que Sudelec est une petite entreprise de 20 salariés pour un chiffre d'affaires de deux millions d'euros qu'elle ne pourrait pas être un exemple d'organisation. Je ne veux surtout pas paraître prétentieux mais je crois que cette entreprise a un vrai potentiel, elle doit l'exploiter au maximum ».
Réorganisation
« Sudelec fabrique des cartes électroniques pour les industriels de la région (ascenseurs, automates, aéronautique...) depuis sa création en 1982 par un groupe alsacien. J'ai repris l'entreprise en 2004. Depuis, chaque année, nous investissons plus de 10 % de notre chiffre d'affaires dans nos outils de production. Cela me semble indispensable mais pas suffisant pour rester bien en place sur les marchés. Depuis longtemps, j'avais senti le besoin que nous avions d'être mieux organisés. J'ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes. En septembre 2015, j'ai recruté un consultant, deux jours par semaine, pour m'accompagner vers cet objectif. Deux mois plus tard, un de mes clients de l'aéronautique, le Lyonnais Vision Systems (spécialiste des systèmes optiques pour l'aéronautique, les transports routiers et le nautisme ; 250 salariés ; CA 2015 : 31,5 millions d'euros NDLR) m'a proposé d'intégrer son groupe de travail dans le cadre du programme " performances industrielles " du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) pour, justement, travailler sur notre organisation. J'ai sauté à pieds joints sur cette proposition. J'ai gardé mon consultant pour m'aider à mettre tout cela en place. À la fin du programme, un an plus tard, nous avons estimé que nous n'avions pas terminé, que nous étions encore au milieu du guet. J'ai donc préféré poursuivre en autofinançant trois mois de travail supplémentaire avec l'animateur GIFAS. Je continue maintenant avec le plan « Performance globale » de la Région, toujours avec le consultant qui nous suit depuis 2015. Cela me tient à coeur de progresser personnellement et de faire progresser mon entreprise ».
« Résultats phénoménaux »
« Nous avons travaillé avec la méthode des 5S (méthode japonaise issue de Toyota NDLR) sur tous les aspects de l'entreprise : l'atelier, les flux, le rangement.... Moi aussi j'ai dû évoluer, il fallait que je structure mieux mes offres, que je mette un peu plus de prévisionnel dans notre fonctionnement. Aujourd'hui, nous mesurons ce que nous faisons et nous analysons. Le contrôle se fait en temps réel. Lorsque nous sommes en retard, nous réfléchissons immédiatement aux causes pour y remédier. Progressivement, des méthodes ont été mises en place. Les résultats sont phénoménaux, honnêtement je ne m'attendais pas à de tels progrès ! Tout le monde a bien joué le jeu. Sudelec a gagné au moins 20 % de productivité. La cadence de pose est passée de 7.500 composants par heure à 10.000 : il y a moins d'arrêts de production grâce à la meilleure anticipation. 60 % des commandes étaient livrées en temps et en heure, aujourd'hui nous en sommes à 96 % ! Avant, 40 lignes sur 100 étaient en retard de 15 jours en moyenne. Désormais, le retard moyen est de seulement trois jours et ne concerne plus que quatre lignes ».
Des performances à confirmer
« Cette attention portée à la productivité porte ses fruits. En deux ans, notre chiffre d'affaires est passé d'un à deux millions d'euros. Sur le dernier exercice, nous sommes à près de 10 % de résultat net, quand la norme du secteur se situe sous la barre des 5 %. Cette transformation a nécessité un investissement temps plus qu'un investissement financier (montant non communiqué NDLR). Elle a été engagée notamment pour répondre aux exigences de l'aéronautique, pour nous développer dans ce domaine qui nous amène plus de visibilité de carnet de commandes et où les demandes sont plus techniques, avec une valeur ajoutée meilleure donc. Mais nos progrès profitent à l'ensemble de nos clients finalement. Ceci étant dit, nous n'avons pas terminé notre mutation. Beaucoup de résultats sont à confirmer. J'estime que nous sommes à 60 % de l'objectif final ».
Un million pour un nouveau bâtiment
« Depuis que j'ai repris l'entreprise, nous investissons chaque année plus de 10 % de notre chiffre d'affaires dans l'outil de production. Nous avions donc un super parc machines mais des locaux vraiment trop petits. Le déménagement était un serpent de mer depuis longtemps, il a fallu en passer par là pour poursuivre notre croissance », souligne Serge Calmard, gérant de Sudelec. Il a investi un million d'euros pour déménager, l'été dernier, dans un nouveau bâtiment de 1.300m² (contre 600 auparavant NDLR), toujours à Usson-en-Forez.« Je pense que l'impact bâtiment a été important, il a donné confiance aux clients ».