Séminaire d'entreprise : Comment l'optimiser?

Séminaire d'entreprise : Comment l'optimiser?

La crise économique mondiale frappe de plein fouet les entreprises françaises, tous secteurs confondus. Face à cette véritable tempête, les acteurs économiques tentent de réduire la toile en rationalisant les coûts, tous les coûts. Les séminaires d'entreprise compteront-ils parmi les nombreux sacrifices imposés par la conjoncture? Est-ce la fin de ce qui était, il y a encore peu, un outil managérial à part entière? Entre attentisme et volontarisme, les avis sont partagés sur la conduite à tenir. Dossier réalisé par Djamel Bentaleb

Par le passé, les séminaires d'entreprise se réduisaient à leur plus simple expression: une convention annuelle réunissant tous les collaborateurs avec des conférences, des ateliers de travail, un discours du grand patron et un repas pour clôturer la «fête». Depuis les années90, de nouveaux types de séminaires ont traversé l'Atlantique. Les conventions n'ont pas disparu mais de nouvelles méthodes managériales sont utilisées afin de gérer au plus près le capital humain. On parle désormais de «team building» (cohésion d'équipe), de «team development» (renforcement d'équipe) ou d'«incentive» (stimulation). Ces méthodes de management consistent à faire participer les salariés d'une entreprise à un voyage, à des activités sportives ou ludiques avec un but précis: créer un esprit d'équipe autour d'une expérience et d'objectifs communs. Le catalogue des activités proposées est très large: sports extrêmes (alpinisme, parachutisme, saut à l'élastique), voyages exotiques, raids, sports mécaniques, courses au trésor ou d'orientation, accrobranches et même... des stages commandos.




Quel avenir pour le team building?

«Les séminaires sont extrêmement intéressants pour les entreprises, explique Jacques Deveaux, vice-président de la CGPME Bretagne. Outre le contenu propre à l'activité, ils permettent de générer des échanges, de créer du lien, de faire connaissance avec des collègues que l'on côtoie mais que l'on ne connaît pas vraiment. Pourtant, c'est seulement un outil de management parmi d'autres. Et, en période de crise, ne restent que les activités qui permettent d'accéder directement aux nouveaux marchés». La crise sonnerait-elle le glas du «team building»? Il est encore trop tôt pour connaître les effets réels de la crise sur ces méthodes de management, même si une étude de 2008 menée par l'Association des agences de communications événementielles (Anaé) montre que 54% des clients considèrent l'événementiel comme un investissement à part entière. «Je travaille actuellement avec un groupe de distribution automobile et le comité de direction était partagé sur la poursuite de ces activités, confie Monique Sandrin, du cabinet conseil en ressources humaines Raisonnances. Mais le directeur général a tranché en leur faveur. Il a décidé d'accélérer le mouvement et d'envoyer un signal fort aux équipes. Je trouve ça intéressant car c'est le moment d'investir dans son équipe.» Mais les entreprises n'ont pas toutes les mêmes moyens et la plupart d'entre elles tentent de limiter les dégâts. En 2008, la moitié des entreprises qui faisaient appel à des agences événementielles étaient dans la finance, les banques ou les assurances.




Nouvelles tendances

Un secteur particulièrement touché par la crise qui devrait vraisemblablement réduire au strict minimum ce type d'activités. Ne serait-ce que par souci d'exemplarité. Difficile en effet d'organiser des voyages au bout du monde quand le secteur est soutenu par un plan de sauvetage. «Avec cette crise, on assiste à des changements de comportement, confirme Jacques Deveaux. On continuera d'investir dans le capital humain mais en faisant appel à d'autres outils». À moins que les activités de team building ne se concentrent essentiellement sur les cadres de haut niveau avec une priorité sur la gestion de crise et la gestion du stress. Les stages commandos organisés par la société Pegasus Leadership sur l'ancienne base de sous-marins de Lorient connaissent, paraît-il, un succès croissant. Les cadres malmenés y apprennent à se dépasser et à gérer un flot d'émotions dans des situations tout à fait inhabituelles pour eux. Une métaphore parfaite de la crise...