Invité du Propeller Club de Rouen, Alain Bardin, directeur général délégué de la CREA, a rappelé les divers aspects du dossier devant un parterre de décideurs portuaires vivement intéressé par un projet global évalué à 218millions d'euros et portant sur 4.600 emplois. Après la signature en mars2009 par l'État et la CREA du Plan Directeur de Développement et d'Aménagement Durable (PDADD), le Comité de pilotage de Seine Sud a choisi le scénario «diversification et renouveau industriel».
Un phasage sur dix à quinze ans
Plateforme intermodale rail/route/fleuve, développement du transport fluvial, mixte artisanal, technocentre, et industrie avec le développement d'une filière chimie bio-sourcée (végétochimie) figurent parmi les orientations sectorielles de reconversion retenues. Avec un phasage sur dix à quinze ans. L'aire Seine Sud couvre 800 hectares, bordée par le fleuve et innervée par des infrastructures ferroviaires et routières qui seront optimisées avec le raccordement A28/A13 par l'Est de l'agglomération, un barreau avec le port maritime, et la Ligne Nouvelle Paris-Normandie. Dans le contexte global de ce grand projet, la partie Nord (300ha) fera l'objet d'une «requalification» basée sur une amélioration de son image, de sa fonctionnalité, et de son intégration environnementale. Les choses devraient être beaucoup plus spectaculaires dans le secteur Sud largement sinistré, en atteste l'ancienne usine Isover, mais «où subsistent des entreprises actives et qui investissent telles Europac (papeterie) et Toyo Ink (colorants)», souligne Bertrand Masson, chef de projets à la Direction Grands Projets de la CREA.
250ha pour l'activité économique
Maire de Cléon et vice-président de la CREA en charge de Seine Sud, Alain Ovide évoque avec enthousiasme cette «requalification de 500 hectares en déshérence à urbaniser. Les contraintes sont importantes (destruction des usines abandonnées, dépollution des sols, PPRI, sites Seveso, infrastructures terrestres à insérer...). Mais avec la perspective de livrer progressivement 250ha à l'activité économique». Car «nous n'allons pas nous contenter de regarder passer les bateaux», insiste l'élu qui trouve en Seine Sud un intérêt régional, national, et même international! Au coeur de l'Axe Seine, l'agglomération rouennaise peut avec cet outil apporter une importante plus-value logistique et industrielle à partir des flux de marchandises appelés à se développer entre LeHavre Port 2000 et l'Ile-de-France. Un enjeu qui vaudra également dès la fin de la décennie avec le canal Seine-Nord-Europe à grand gabarit. D'ailleurs, le Pôle métropolitain CREA-Seine-Eure constitué fin février va se pencher sur l'articulation entre la plateforme logistique Seine Sud et celle d'Alizay-Pitres-Le Manoir.
Exceptionnel par sa taille et sa situation, Seine Sud devrait fortement contribuer au développement équilibré et durable du territoire de l'agglomération rouennaise.