Huit millions d'euros pour produire de l'électricité à partir de déchets. Banco, Sede Environnement a mis cette somme sur la table pour financer et démarrer le premier site industriel de co-digestion en région Nord - Pas-de-Calais.
L'activité débute fin janvier
La filiale de Veolia Environnement, dont le siège est à Arras, a dû batailler durant quasiment six ans avant qu'Artois Méthanisation ne commence à fonctionner. Les premiers Kw/h vont être produits fin février - début mars. «Nous avons choisi d'implanter Artois Méthanisation sur le site d'Artois Compost afin de décliner cette nouvelle ère de valorisation biologique. Notre activité débute en fin de mois», précise Jean-Marie Boudet, directeur général de Sede Environnement.
La pépite agroalimentaire
C'est donc au vert, entre Cambrai et Arras, que l'activité de méthanisation par voie liquide a pris place. Une localisation qui ne doit rien au hasard. Outre des synergies d'infrastructures et d'activités avec Artois Compost, Artois Méthanisation vient capter quasi à la source les déchets de l'industrie agroalimentaire. Autre atout du site: un bord à canal. «Nos matières premières sont issues de déchets de l'agriculture comme des racines d'endives, des résidus de céréales. Nos clients viennent aussi de l'agroalimentaire, de la restauration collective, des déchets verts venus des collectivités et de la GMS», énumère Arnaud Devillepoix, directeur des régions Nord - Picardie et Est. Intéressé par des gisements de déchets tout proches, Sede Environnement devance également une directive du Grenelle de l'environnement, qui, dès 2012, obligera les producteurs de trier et de valoriser 75% des déchets organiques.
25.000 tonnes de capacité
«Aujourd'hui, des établissements scolaires s'y mettent, demain, ce seront des maisons de retraite ou toute autre structure qui a une activité de restauration collective. Les potentialités en terme de matières premières sont énormes», ajoute le directeur régional de Sede Environnement. Sur place, les capacités de traitement des déchets ont pris en compte cette donne. Artois Méthanisation pourra traiter jusqu'à 25.000tonnes de déchets par an. L'industriel a même prévu de pouvoir porter cette capacité à 100.000tonnes à l'avenir.
18 familles de déchets
En attendant, ces milliers de tonnes de matières premières font l'objet de toutes les attentions. Les dix-huit grandes familles de déchets vont être associées les unes aux autres afin de trouver le meilleur mix énergétique. Grâce à des pilotes de méthanisation de faible contenance, l'industriel est capable de déterminer quelle sera la meilleure recette. En amont, il peut également utiliser cet équipement pour indiquer à ses clients s'il est intéressant ou non d'utiliser tel ou tel déchet en méthanisation.
Un process de 36 jours
Au terme de trente-six jours, la transformation en énergie sera bien réelle. Celle-ci sera revendue à EDF comme l'explique Jean-Marie Boudet. «Les 3,5millions de m³ de gaz produits annuellement vont générer quelque 8.000Mw/heure soit l'équivalent de la consommation de 2.700 foyers. Cette électricité est directement injectée dans le réseau. Cette part vendue à EDF représente 70% de la recette globale», livre Arnaud Devillepoix. Mais le cercle vertueux d'Artois Méthanisation ne s'arrête pas là. Cette énergie va également servir à alimenter en eau chaude l'ensemble du site. «Cela devrait sans doute nous permettre d'économiser 70.000 litres de fuel par an.» De même, les matières organiques résiduelles, non dégradées lors du process, qui forment le digestat serviront à amender les terres agricoles avoisinantes. «On peut estimer que ce digestat représentera 7.000T.» Le site a l'ambition d'être certifié Iso 14.001 assez rapidement.
Dix-sept emplois créés
La mise en service d'Artois Méthanisation s'accompagne également de la création de quinze emplois en plus des dix-sept emplois existants sur le site.
Via Artois Méthanisation, Expert dans le traitement des boues en France mais aussi à l'étranger, le groupe Sede Environnement développe une nouvelle compétence en produisant de l'électrisation par le biais de la méthanisation.
Artois Méthanisation démarre son activité fin janvier à Graincourt-les-Havrincourt. Sede Environnement investit 8M€ pour le premier site industriel de méthanisation en région.