Seaweed Concept (40 salariés, 400 000 € de CA en 2026) s’apprête à changer de dimension selon son dirigeant, Sébastien Balusson. Le producteur d’algues lactofermentées, né notamment de l’acquisition d’Algroupe, qui a développé la technologie, en a déposé le brevet mondial et dispose d’un laboratoire et d’une unité de production à l’hôtel d’entreprise Cap Entreprises, près de Saint-Brieuc, annonce avoir signé ses premiers contrats en décembre 2025.
Des contrats signés dans l’agroalimentaire
"Nous avons signé avec des entreprises françaises, qui vont utiliser nos algues fermentées dans l’élaboration de viande hachée et de nuggets, affirme le dirigeant, ancien directeur industriel de la société morbihannaise Olmix, spécialiste des algues. Nous sommes en cours de discussion avec d’autres producteurs européens pour qu’elles entrent dans la composition de tiramisu et de mousses au chocolat. Et nous signons avec des distributeurs français et européens pour qu’ils portent notre offre chez leurs clients."
Un ingrédient exhausteur de goût
Ce développement commercial offensif témoigne de l’ouverture du marché de l’alimentation humaine aux algues lactofermentées de la PME costarmoricaine. "Notre technologie permet d’enlever le goût et l’odeur de nos algues : le produit peut donc servir d’ingrédient naturel bio et peu transformé, qui présente des propriétés importantes d’exhausteur de goût, reprend Sébastien Balusson. La lactofermentation réunit aussi les conditions idéales pour la conservation naturelle des algues, en stabilisant la vie microbienne."
Améliorer le bilan carbone de la recette
Parmi les exemples d’utilisation cités par le dirigeant, on peut relever les "viandes" hybrides (composés de végétal et viande), les plats préparés comme les lasagnes en remplacement d’une partie de la viande, mais aussi des desserts, des viennoiseries. "Nos algues représentent un outil polyvalent pour les acteurs de l’alimentation puisqu’elles remplacent également les additifs et réduisent la quantité de sucre et de sel jusqu’à 50 % : c’est intéressant pour leur bilan carbone et ça améliore le nutri-score de leurs recettes", ajoute le dirigeant de Seaweed Concept.
Pour accompagner et accélérer cette montée en puissance, Seaweed Concept a ouvert son capital au fonds impact d’Accenture, Blue Forward Fund, qui en a acquis 35 % pour 2 millions d’euros il y a un an. Cet argent permettra également d’améliorer le pilote de production développé à Cap Entreprises.
Un site de production breton en projet
L’étape suivante sera l’installation d’une bioraffinerie dans le nord de la Bretagne, pour une production d’algues lactofermentées (la PME maîtrise le process sur une dizaine d’espèces, notamment grâce à une collaboration avec l’Inrae de Rennes) de 10 000 tonnes par an. "Ce sera à partir d’une friche ou d’une construction et l’investissement s’élèvera à 4 millions d’euros, pour ensuite une montée en puissance qui nécessitera 4 millions d’euros supplémentaires." Le tout financé par une nouvelle levée de fonds à hauteur de 8 millions d’euros. Au total, la PME annonce vouloir lever 25 millions d’euros sur les 5 ans à venir.
Des usines également à l’étranger
Sébastien Balusson prévoit la suite sous la forme de deux établissements similaires au Vietnam (entre 5 000 et 10 000 tonnes) et en Chine (50 000 tonnes) dès 2027 ou 2028. "Nous sommes en discussion pour ces deux bioraffineries, confie le dirigeant. Le besoin en algues dans le monde, qu’elles soient sauvages ou de production, va doubler à moyen terme." Déjà, des discussions avec des distributeurs en Asie du sud-est, en Chine et en Amérique Latine sont menées.
Outre les algues destinées au marché de l’alimentation humaine, les résidus de la lactofermentation pourront être vendus aux acteurs de la nutrition et de la santé animales. Seaweed Concept prévoit d’atteindre un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2030.