Vous dites que l'avenir du transport passera par la multimodalité. Qu'entendez-vous par là ?
Je suis convaincu, qu'étant donné les contraintes environnementales actuelles et celles à venir, il est nécessaire de réorganiser notre métier autour du ferroutage (transport combiné rail-route via le chargement des camions sur des trains spéciaux ou le transport et le transfert des containers d'un mode de transport à l'autre, ndlr). On pourrait penser que nous cherchons à surfer sur la mode de l'écologie, mais plus qu'une recherche d'image, c'est une véritable réflexion environnementale que je souhaite exprimer. Notre volonté est d'intégrer notre développement dans un cadre environnemental qui donne une large place à des solutions multimodales. Nous voyons ainsi ce pari du multimodal comme étant une opportunité et non un frein au développement de nos activités.
Comment avez-vous traduit concrètement cet engagement au sein de votre groupe?
Notre stratégie est claire et ancienne: favoriser le rail. L'ensemble de nos sites de stockage sont ainsi reliés au réseau ferroviaire. C'est un choix lourd en termes d'investissement mais qui prépare l'avenir. Nous avons également investi massivement dans l'achat de «caisses» ou containers qui permettent de pratiquer le ferroutage. Nous en avons déjà une centaine et nous allons continuer sur cette voie. Au sein de Veolog, nous proposons également une offre de solutions multimodales qui conjuguent l'optimisation économique et écologique des flux.
Vous avez dans le même temps diminué drastiquement votre parc de camion ?
En effet, il y a huit ans nous avions encore environ 200 camions pour assurer notre activité de transport de marchandises. Aujourd'hui, leur nombre ne dépasse pas les 80 et devrait être amené à diminuer encore. On peut voir ça comme une «cure de désintoxication» de camions. Les seuls camions pour lesquels nous envisageons d'investir sont ceux liés à notre activité de location.
Que représente aujourd'hui le transport de marchandises dans l'activité globale du groupe ?
Nous avons deux activités de transport distinctes. La première, et la plus importante, est celle du transport de marchandises à la demande qui passe par notre filiale SAS Labatut. En 2009, elle a généré un CA d'environ 11M€. Soit un peu plus d'un tiers de notre CA global (hors Entrepo-Dis). Notre autre activité de transport est liée à la logistique via notre filiale Veolog (10% de son CA qui s'élève à près de 23M? en 2009). Le CA global du transport au sein du groupe est de 13,3M€, pour un CA groupe de 32M€.
Comment voyez-vous l'avenir du groupe ?
Notre ambition n'est pas de grossir de manière démesurée, mais de nous développer à notre rythme, sans chercher à tout prix les volumes. Il est sûr que nous investirons beaucoup plus sur la logistique que sur le transport. La prochaine étape passera sans doute par une opération de croissance externe. Nous allons chercher dès 2010 de nouveaux sites de stockage, cette fois sur la façade atlantique, pour renforcer notre efficacité économique. Bien que nous soyons très en avance par rapport à nos concurrents sur le report modal, il va nous falloir continuer à travailler dans cette voie.