Science & Mer : La reine des thalassos vise l'international
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Science & Mer : La reine des thalassos vise l'international

Après une année 2010 difficile et un changement de capital, Science & Mer, entreprise de cosmétiques marins au Relecq-Kerhuon, prépare son déploiement à l'international.

Il n'a la taille ni de Nuxe, ni même de Caudalie. Simer, petit groupe régional de cosmétiques au Relecq-Kerhuon, est pourtant leader sur son marché historique: les thalassothérapies. Les Laboratoires Science & Mer est l'une des deux filiales de cette holding. Elle emploie une cinquantaine de personnes et réalise 6,15M€ de CA en 2010 (EBE: 100 K€). À sa création par Christine Bodeau en 1986, Science & Mer fut pionnière dans la fourniture des centres de thalassothérapies, de produits pour les cabines à base d'algues. «La thalassothérapie est sortie de son univers médical pour aller vers le bien-être. Le coup de génie a été d'anticiper cette évolution», juge Christine Claverie, présidente du groupe depuis janvier, après avoir dirigé Novisia France, joint-venture d'Essilor International et de Nikon Japan.

Du B to B, sans marque
Aujourd'hui, Science & Mer est présente dans 46 établissements sur 53 thalassothérapies recensées dans l'Hexagone. Si la société gagne encore à être connue, c'est qu'elle circule incognito dans les centres de soin. «Sur ce marché, nous évoluons dans l'univers B to B et sans marque», explique-t-elle. Le deuxième métier de Simer, c'est la sous-traitance pour la fabrication de soins à partir d'actifs marins à la marque du client, en vue d'une commercialisation en boutique. La société travaille avec les instituts de thalassothérapies et des grandes marques de cosmétiques. De la récolte des algues jusqu'à la R & D, en passant par le respect de la réglementation et le conditionnement, l'entreprise fournit des solutions clefs en main. «Nous maîtrisons toute la chaîne», résume Philippe Saint Léger, directeur commercial. L'entreprise s'appuie sur un outil de fabrication flexible, capable de produire des séries inférieures à 10.000 pièces.

Restructuration du groupe
L'autre société du groupe est plus récente. Créée en 2004, la SARL Cosm & Ouest réalise 2M€ de chiffre d'affaires et emploie huit personnes. L'entreprise assure la distribution de ses propres marques en pharmacies (Science & Mer), Instituts de beauté et Spa des Hôtels (Algoane). Si l'activité de Science et Mer s'avère «structurellement profitable», celle de Cosm & Ouest a en revanche nécessité une restructuration du groupe, ces derniers mois, «pour ramener le groupe à la profitabilité». Un redimensionnement qui a engendré 15 licenciements économiques, des renégociations de contrats fournisseurs et une diminution des frais de fonctionnement des deux sociétés. «L'investissement engagé pour développer nos propres marques a été très ambitieux. Et la crise est passée par là en2009 et2010», explique Christine Claverie, diplômée de l'ESC Paris qui souhaite insuffler une culture marketing, commerciale et internationale au groupe. À son capital, quatre associés dont Gérard Glémain le fondateur de la chaîne de salons de coiffure Saint Algues, Christine Bodeau, créatrice de Science et Mer, Philippe Saint Léger et Christine Claverie.

Sortie d'Ouest Croissance
À l'issue d'un cycle d'investissement qui avait démarré en 2003, Ouest Croissance a en effet cédé sa participation, en juillet dernier. Christine Claverie a repris celles de Didier Le Tannou, jusqu'alors président des Laboratoires Science & Mer.

Gamme pour Accor
La situation étant apurée, l'équipe se consacre au développement international (voir ci-dessous). L'année dernière, les 5% de croissance du chiffre d'affaires de Science & Mer ont été obtenus grâce aux ventes à l'export. «L'activité "thalassothérapie", très liée au tourisme, a été stable en France», note Philippe Saint Léger. La sous-traitance, quant à elle, se porte bien. Le 7avril, Science & Mer a lancé une gamme sans parabènes pour les thalassothérapies du groupe Accor (40 produits à la revente et 50 produits cabine). Un contrat de plusieurs années et un travail qui a nécessité plus d'un an de formulation, des études marketing, la redéfinition d'un périmètre de soins...

Sites marchands
L'objectif est désormais d'investir en communication. «Cela passera par le lancement de sites marchands grand public. Le web reste un terrain de jeu accessible pour une PME qui veut faire du buzz.»

Science & Mer


(Le Relecq-Kerhuon)
Présidente: Christine Claverie 6,15M€ de CA www.scienceetmer.com

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