«En moyenne, nos entreprises consacrent 15% de leur résultat à la recherche, c'est plus que dans les autres secteurs d'activité et le prix à payer pour rester performant et sans cesse développer de nouveaux produits», souligne Marielle Gaudois, présidente du Groupement des industries de santé en Midi-Pyrénées (Sismip) et coorganisatrice du débat organisé le 17novembre dernier à la CCI sur le thème «Recherche médicale et PME». L'innovation est en effet au coeur du développement de ce secteur d'activité en constante évolution dans un marché de plus en plus concurrentiel. «Plus que jamais et au regard de la crise économique actuelle, souligne le professeur Jacques Bazex, président du comité Midi-Pyrénées de la fondation de la recherche médicale. Nous devons instaurer des passerelles entre les praticiens qui expriment des besoins spécifiques, la recherche scientifique privée et publique, dotée d'une forte capacité à innover et le monde des entreprises pour la fabrication et la commercialisation des produits issus de la recherche. Le but étant de faire reculer la maladie pour soulager les patients», tient-il bon de rappeler. Le partenariat mis en place par la société Elitech (créée à Labarthe-Inard en 1987), spécialisée dans la fabrication de tests biologiques, et le Laas constitue une bonne illustration de cette coopération exemplaire entre ces trois acteurs de la santé: il porte sur des microcapteurs capables d'identifier rapidement des bactéries et des réactions de sensibilité aux antibiotiques,. «Étant microbiologiste et directeur d'un laboratoire d'analyse médical (Cedibio, ndlr), mon rôle dans cette affaire s'est limité à celui de porteur d'idée, souligne Jean-Pierre Lepargneur. J'ai relevé les problèmes rencontrés par mes confrères biologistes et donné quelques conseils pour optimiser cette coopération.» Les premiers prototypes de capteurs sont en phase d'essais au sein du Laas; ils seront testés par la société Elitech, avant d'être commercialisés.
«Ne plus craindrede se lancer»
Si les idées ou les produits innovants émanant des laboratoires de recherche ou des entreprises de santé en Midi-Pyrénées ne manquent pas, de nombreuses petites PME ont bien du mal à franchir le pas. Et pour cause: sept à dix ans sont nécessaires pour la mise au point d'un nouveau produit avant sa mise sur le marché, ce qui suppose d'importants moyens financiers et humains de la part des entreprises. «Les choses évoluent, constate Marielle Gaudois. Aujourd'hui, les laboratoires s'ouvrent et de nombreux dispositifs sont mis en place pour aider et accompagner les entreprises à investir dans la recherche médicale. Elles ne doivent plus craindre de se lancer dans cette aventure». Et de rappeler l'existence d'Oséo, de Midi-Pyrénées Innovation et du nouveau crédit d'impôt recherche mis en place en janvier2008. Carina Louart
Avec 200 PME et PMI et 4.000 chercheurs dans le secteur de la santé, la région Midi-Pyrénées possède un fort potentiel de développement d'entreprises innovantes. À condition toutefois de multiplier les coopérations entre le monde de la recherche et celui de l'entreprise. Quelques exemples à suivre... et à développer.