Saisonniers qui trinquent trésoreries qui souffrent
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Saisonniers qui trinquent trésoreries qui souffrent

Très peu de saisonniers ont travaillé dans les restaurants morbihannais cet été. «Vu la météo catastrophique de juillet, certains nous demandaient même comment se séparer d'un CDD saisonnier, ce qui est impossible», constate Jean-François Sérazin, président de l'Umih 56. Les professionnels ne parvenant plus à régénérer leur trésorerie, les saisonniers ont constitué une variable d'ajustement. «Comme les clients n'étaient pas là, certains ont préféré faire un service à trois au lieu d'être à quatre. La flexibilité, quand elle n'est pas là, il faut bien l'inventer», confie André De Décker du tribunal de commerce de Vannes. En cette période de doxa austéritaire, le dirigeant doit arbitrer et ne pas laisser ses marges s'effondrer. Mais ne joue-t-on pas avec le feu en maltraitant les saisonniers? Ils sont ici près de 5.000 lors des bonnes saisons, dont la moitié provient de l'extérieur du département. Avec dans leurs bagages des parfums d'ailleurs qui nous obligent à arrêter de nous regarder le nombril en nous confrontant à l'altérité. Voilà une main-d'oeuvre motivée par le dépaysement d'un mois ou deux de travail dans une zone littorale, souvent docile et ne rechignant pas à la tâche. Ces saisonniers météores ont pris leurs habitudes sous nos latitudes. Peuvent-ils accepter d'en repartir sans argent faute d'avoir travaillé? @email

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