Saint-Méen-le-Grand : L'ancien site Entremont repris par des Pakistanais
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Saint-Méen-le-Grand : L'ancien site Entremont repris par des Pakistanais

Exclusif Moyennant 600.000 euros, la société pakistanaise Zeb Rice Limited devrait prendre possession dans les prochaines semaines de l'ancienne usine Entremont de Saint-Méen-le-Grand. L'investisseur compte y développer un site de transformation et de distribution de légumes. À la clé: 4 à 5millions d'euros d'investissement.

Le territoire de Saint-Méen-le-Grand s'apprête-t-il à tourner définitivement la page Entremont? Selon nos informations, un exportateur et transformateur pakistanais de riz, bénéficiant déjà d'une unité en Allemagne, a repris le site industriel Agroparc, plus connu sous le nom d'usine Entremont. La société familiale Zeb Rice Limited, située à Muridke, dans la province du Penjab, s'est en effet porté acquéreur du terrain (1,6 hectare) et du bâti (6.000m²) auprès de la Communauté de communes. Montant de l'acquisition: 600.000€HT.




Inauguration officielle le 28septembre

«Les premiers contacts avaient été pris au Space (salon des productions animales, qui se tient tous les ans à Rennes, ndlr), nous confirme une source proche du dossier. Nous étions en concurrence avec le Nord-Pas-de-Calais.» Si l'objectif de cet investisseur étranger n'est pas encore complètement dévoilé - «à ce stade, le porteur de projet veut rester prudent», souligne-t-on de même source - on sait d'ores et déjà que son activité tournera autour de la transformation et la distribution de légumes. Tout ceci devrait être annoncé lors d'une inauguration officielle, le 28septembre prochain, après les vacances d'été. Pour mener son projet à terme, l'investisseur a d'ores et déjà créé deux SAS: AAMA Holdings (société immobilière) et AAMA Agro Produits (société d'exploitation). Deux structures dont le siège est localisé à Saint-Méen-le-Grand. À la tête d'AAMA Agro, dont l'activité vise le "traitement, broyage, conditionnement, import-export de produits alimentaires et commerce de marchandises": Kashif Amanat, président et Abbas Makdhoom, directeur général.




4 à 5millions d'euros investis pour combien d'emplois?

Toujours selon nos informations, c'est Bretagne International qui est à l'origine de la mise en relation de l'investisseur avec la Communauté de communes. Un contact qui pourrait apporter son lot d'air frais au territoire, à l'Ouest de Rennes. «Il a prévu d'investir 4 à 5M€, avec des emplois à la clé», nous indique-t-on, sans en préciser le nombre. Ne nous y trompons pas, l'arrivée de cette société pakistano-germanique ne va pas non plus inonder le bassin local de centaines d'emplois. Si l'on se réfère à des investissements déjà réalisés par le passé par Zeb Rice Limited au Canada ou en Suède, ce sont peut-être entre 10 ou 20 postes qui pourraient être créés. Ce qui serait néanmoins une très bonne nouvelle pour une commune qui a déjà subi de plein fouet des déconvenues sur le plan économique. En 2006, suite à la constitution d'Entremont-Alliance, le groupe laitier annonçait une restructuration profonde de ses sites en France. Un an plus tard, l'usine de Saint-Méen-le-Grand fermait ses portes, malgré une forte mobilisation des acteurs locaux. À la clé, 170 emplois supprimés - 220 si l'on y ajoute ceux de ses fournisseurs.




Tentatives de réindustrialisation avortées

Depuis lors, plusieurs initiatives ont été prises pour faire revivre le site. Sans grands résultats. Fin 2007, les élus communautaires officialisaient ainsi la création de l'Agroparc. Objectif: rendre la mariée plus belle aux yeux des industriels agroalimentaires en misant sur la capacité de production énergétique du site. Forte de machines à froid et autres chaudières laissées par Entremont, la communauté de communes avait ainsi créé une SEM pour gérer ce matériel, désormais alloué à la production d'énergie à bas coût. SEM qui, faute d'utilisateurs, finira par disparaître. Côté entreprises, la société Prim'Nature, spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation de pommes de terre, reprenait en 2008 une partie du bâtiment d'Entremont. Si l'entreprise est toujours active, elle a connu l'an passé quelques difficultés, et dû supprimer douze postes. Avec de tels épisodes, autant dire que la venue de l'investisseur pakistanais est attendue par tout un territoire. En vue de répondre à un seul et même objectif: réindustrialiser un site, et durablement. Ce qui, faut-il le rappeler, n'est jamais simple.

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