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Saint-Malo : 85% d'export pour Laboratoire de la Mer
Saint-Malo # Santé

Saint-Malo : 85% d'export pour Laboratoire de la Mer

Au fil des années et en s’en tenant à une stratégie claire, Laboratoire de la Mer s’est imposé comme le leader mondial des sprays d’hygiène nasale à base d’eau de mer. Qualité des eaux malouines et rigueur des études scientifiques sont deux clés de son succès. Avec un leitmotiv : défendre « bec et ongles » le savoir-faire français !

L'entreprise malouine aura réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de quarante millions d’euros, dont 85 % à l’exportation, pour un effectif de 130 salariés. « Nous sommes présents dans 65 pays, dont le Canada, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite et bien sûr l’Europe. Nous avons encore des marges de progression importantes en Asie et en Amérique du Sud avec un « graal » : le Japon », explique Anne Beaulieu, directrice du marketing. Connu pour son spray nasal Physiomer, Laboratoire de la Mer est en fait présent sur l’ensemble du marché ORL.

Un succès sur trois piliers

Le succès de l’entreprise repose sur trois piliers. Le premier, c’est la qualité des eaux de la baie de Saint-Malo. « Nous sommes dans une zone protégée Natura 2000, sans industrie littorale. Tous les acteurs locaux ont conscience de l’importance de protéger l’environnement et depuis 25 ans, nous n’avons jamais observé de problème sur la qualité microbiologique de l’eau », se félicite Anne Beaulieu.

Diversification

Mais cette ressource exceptionnelle n’aurait pas suffi à bâtir le succès. D’emblée, Laboratoire de la Mer a fait le choix stratégique de se concentrer sur les sprays d’eau marine, renonçant pendant plusieurs années à toute diversification pour s’assurer une position dominante.

Dans le même temps, la société s’est engagée sur des études cliniques « robustes ». « Nous respectons scrupuleusement le cahier des charges et les bonnes pratiques en la matière, ce dont nous savons gré les médecins », souligne la directrice du marketing. Les produits naturels répondent désormais à une « vague lourde », chez les consommateurs mais aussi chez les prescripteurs. « Tout le monde a compris que les pathologies bénignes – les rhino-pharyngites, le rhume d’hiver -, ne nécessitent pas le recours à des médicaments aux effets secondaires parfois lourds », explique Anne Beaulieu.

Conviction militante

Mais à ce triptyque s’ajoute une conviction militante : promouvoir les savoir-faire français. « Une entreprise ne peut se résumer à un compte de résultat. Il faut un supplément d’âme », martèle Anne Beaulieu. Laboratoire de la Mer s’appuie exclusivement sur la filière française, qu’il s’agisse de la plasturgie à Lyon, les unités Inserm ou des centres hospitaliers, dont celui de Bordeaux, pour mener les études et élaborer ses produits.

Difficiles recrutements

Seul grain de sable à cette success-story malouine: la difficulté à recruter en local des compétences. « Nous avons beaucoup de mal à trouver, sur place, des gens formés que ce soit sur les postes "qualité", conduite de ligne ou ingénierie industrielle pharmaceutique. Parce que l’industrie pharmaceutique est moins développée ici que dans d’autres régions », résume Anne Beaulieu.

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