À Saint-Fons, dans la Vallée de la Chimie, le groupe de chimie de spécialité Syensqo vient de franchir une nouvelle étape. Le 12 juin, l’entreprise a inauguré un laboratoire de microbiologie et de biotechnologie de 550 m² sur son Centre de Recherche et Innovation de Lyon (RICL), en présence de Thomas Canova, directeur du service Recherche et Innovation du groupe. Cette infrastructure, qui s’appuie sur des équipements automatisés et des algorithmes d’intelligence artificielle, est destinée à multiplier les tests de biodégradabilité et d’écotoxicologie en phase amont des projets. " Ce nouveau site est notre centre de référence mondial en microbiologie ", affirme le responsable.
Évaluer la biodégradabilité et l’écotoxicologie
Issu de la scission du groupe Solvay fin 2023, Syensqo (6,6 Md€ de CA en 2024 dont 40 % aux Etats-Unis, son plus gros marché), spécialiste entre autres des polymères fluorés, emploie 13 000 salariés dans le monde, dont 2 000 en France. Le site lyonnais, qui compte à lui seul 430 collaborateurs, abrite 28 000 m² de laboratoires et d’unités pilotes. Il est spécialisé dans les polymères, la formulation de matériaux avancés, et désormais les solutions issues de la fermentation microbienne. La nouvelle structure de recherche permettra de " multiplier par dix " les capacités de tests de biodégradabilité par rapport à 2021, selon l’entreprise. La plateforme travaille notamment pour les marchés de la beauté, de la cosmétique et de l’agriculture, avec des applications concrètes dans les céramides biomimétiques, les biopesticides et les tensioactifs d’origine végétale.
Technologies innovantes et IA
La chaîne de production comprend plusieurs étapes : la sélection génétique de micro-organismes (réalisée à Boston), leur culture dans des fermenteurs en inox, puis la purification des extraits pour mise en formulation.
Les produits sont ensuite testés selon plusieurs protocoles (OECD, ISO…) afin de juger leur impact sur la faune aquatique, les sols ou les cellules humaines, avec des technologies innovantes telles que des tests de pigmentation ou des électrodes appliquées à des cultures cellulaires.
Le laboratoire s’intègre dans une stratégie d’innovation " par design " qui mêle chimie, biotechnologie et données. L’IA y joue un rôle croissant : elle est utilisée pour modéliser le comportement des micro-organismes, anticiper les résultats de fermentation ou simuler le cycle de vie des produits.
Syensqo affirme avoir réduit de 35 % la consommation énergétique nette de ses nouveaux équipements, grâce à un système de récupération de chaleur et de froid.
Si le site n’est pas encore accrédité BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoires), une certification est visée d’ici fin 2025.
Un ancrage local assumé
Implantée historiquement à Saint-Fons, Syensqo souligne avoir choisi Lyon pour ce développement en raison d’un " écosystème unique entre recherche et industrialisation ", avec des partenariats actifs avec l’INSA Lyon, le CNRS, Suez ou encore le pôle Axelera. L’entreprise est par ailleurs soutenue par le Crédit Impôt Recherche (CIR) et s’inscrit dans le programme Declyc, qui vise à décarboner la vallée de la chimie.