Après avoir éconduit Safran une première fois en 2010, Zodiac Aerospace a finalement cédé aux avances du géant des équipements aéronautiques. Les deux groupes français ont officiellement annoncé leur mariage le 18 janvier, créant par là même le futur numéro deux mondial de l'aéronautique et numéro trois mondial des équipements aéronautiques. L'opération qui a été conclue entre les deux industriels passe d'abord par une offre publique d'achat amicale de Safran sur Zodiac pour près de 10 milliards d'euros, puis par une fusion. La finalisation de l'OPA est attendue à la fin du quatrième trimestre 2017 et la réalisation de la fusion début 2018.
Mariage de raison pour Zodiac
Pour Safran (17,4 milliards d'euros de CA en 2015, 70.000 employés), ce rapprochement s'inscrit dans un recentrage stratégique sur l'aéronautique et la défense initié depuis plusieurs mois avec la cession des activité Sécurité (la filiale Morpho) et Identité. Du côté de Zodiac (5,2 milliard d'euros de CA en 2015, 33.600 employés), c'est avant tout un mariage de raison, l'entreprise traversant depuis quelques années une période agitée, notamment sur le plan industriel.
Ensemble, Safran et Zodiac donnent naissance à un groupe qui cumulera 21,2 milliards de chiffre d'affaires (dont 10 milliards dans les équipements aéronautiques et 2,7 milliards de résultat opérationnel) et 92.000 salariés au total (dont 45.000 en France). La nouvelle entité associera « les compétences de Safran en matière de trains d'atterrissage, de roues et freins, de nacelles, de systèmes électriques embarqués, d'actionneurs et d'avionique aux positions de Zodiac Aerospace dans le domaine des sièges, des aménagements de cabine, de la répartition de puissance, des circuits d'éclairage, d'alimentation en carburant, d'oxygène et de fluides et des équipements de sécurité », décrit un communiqué.
Optimisation des implantations géographiques
Safran indique avoir « d'ores et déjà identifié 200 millions d'euros par an de synergies de coûts avant impôts, dont 50 % seraient réalisées la première année et 90 % la deuxième année ». « Les synergies de coûts devraient provenir d'économies dans les achats et les frais généraux, ainsi que de l'optimisation des implantations géographiques du nouveau groupe », précise également le communiqué. Zodiac possède une petite trentaine de sites en France, notamment près de Lyon, Saint-Etienne, Rouen, Bordeaux et Toulouse. Safran possède pour sa part quelque 75 sites dans l'Hexagone. Selon Le Figaro, Safran conservera toutes les activités de Zodiac et ses usines en France.