RT 2012, investissements.. : Conseils d'experts
# Immobilier # Conjoncture

RT 2012, investissements.. : Conseils d'experts

L'entrée en vigueur dela réglementation thermique (RT) 2012ne concerne pour l'instant quele tertiaire neuf. La loi Grenelle 1 a fixé un objectif de réduction de 38% de la consommation d'énergie pour ce secteur à l'horizon 2020. Irréaliste? Pas forcément.

«Le sujet est immense. Dans l'existant, les estimations portent à 850-890millions dem², tertiaire privé et public confondus. Le gros du volume va se situer dans les bureaux et les commerces», commente Christian Béaur, directeur Maîtrise d'ouvrage et développement durable au sein de CBRE. Ce dernier a, à ce titre, contribué à l'élaboration du rapport remis par le groupe de travail "Rénovation du parc tertiaire" au gouvernement, en octobre dernier. Ce groupe piloté par le président de CBRE, Maurice Gauchot, a formulé quelques recommandations fortes: - privilégier une approche souple en laissant le choix des moyens avec la possibilité de réaliser des travaux de gestion et de maintenance et/ou des travaux de rénovation et de restructuration - prendre en compte la consommation globale tous usages, autrement dit l'énergie facturée et non celle utilisée pour la réglementation thermique avec cinq usages (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires); - créer un observatoire réunissant les pouvoirs publics et les organisations professionnelles, afin notamment de recueillir les informations sur les consommations et mesurer les progrès réalisés; et centraliser et rendre accessible les bonnes pratiques. Le groupe de travail préconise par ailleurs de fixer un premier seuil minimum de 25% d'ici à 2020, avec une révision des objectifs à la hausse à partir de 2015, basée sur l'expérience acquise d'ici là.




«Travailler sur les habitudes des occupants»

Pour Christian Béaur, le pragmatisme va devoir être la règle au regard de la diversité des situations techniques, économiques et de marché de chaque bâtiment. L'affaire ne peut être traitée de manière linéaire. Dans le domaine technique, trois points n'imposant pas toujours des investissements massifs peuvent être traités: la qualité intrinsèque du bâtiment, la qualité de service de l'exploitation et de la maintenance mais aussi la "sobriété d'usage" des occupants, ces trois approches pouvant permettre d'approcher l'objectif de 25%, voire de 38%. «Nous préconisions de commencer par travailler avec les occupants sur leurs habitudes et comportements. On peut peut-être gagner jusqu'à 8%», explique Christian Béaur qui s'appuie sur des études fiables. Deuxième axe d'effort: la qualité de l'exploitation et de la maintenance en s'attachant d'abord à la situation présente en termes de conduite des installations, des températures de consigne, de réglage, d'éclairage, etc. Objectif: procéder à un diagnostic fin avec le property manager pour améliorer tout ce qui peut l'être dès ce niveau avant d'envisager d'éventuels travaux dans le cadre du GER (gros entretien, renouvellement).




Apprendre à s'impliquer dans la gestion du bâtiment

«À la clé, entre usages et maintenance/exploitation, on peut arriver à une baisse de consommation de l'ordre de 20%, à très faible coût», soutient Christian Béaur. C'est alors seulement que les propriétaires auront à décider ou non s'ils doivent engager des travaux plus lourds au regard des conditions économiques et de l'attractivité de leur bien, dans une perspective de retour sur investissement de trois à vingt ans. «Ce qui est certain, c'est que les propriétaires doivent apprendre ou réapprendre à s'impliquer dans la gestion de leur bâtiment et ne plus se contenter de se reposer sur l'exploitant. Les dérives arrivent très vite», conclut Christian Béaur.

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