Depuis plus de 20 ans, le groupe Rochette Industrie (160 salariés, CA 2024 : 24 M€), sous-traitant industriel dans divers métiers (aéronautique, énergie, procédés spéciaux), situé près de Béziers (Hérault), opère sa diversification vers l’industrie du verre avec sa filiale Mecanic Sud Services (M2S). Axant jusqu’ici son activité sur un périmètre régional, avec de gros clients comme l’usine biterroise du groupe américain Owens-Illinois (O-I), l’entreprise acquiert une nouvelle dimension avec le rachat de la société ligérienne SM Glass (60 salariés, CA : 4 M€) par Rochette Industrie, qui a levé 3,5 millions d’euros pour financer l’opération.
Une empreinte industrielle accrue
SM Glass, reconnue pour son savoir-faire dans la réparation de moules pour l’industrie verrière, dispose en effet d’un réseau de 6 sites industriels, à Saint-Etienne (2 implantations), à Lyon, à Albi, en Île-de-France et dans le Nord. Au-delà du maillage géographique renforcé, cette acquisition va permettre à chaque entité de compléter l’offre de sa partenaire. "M2S ne réalisant que des réparations de moules simples, SM Glass va nous apporter son expertise dans les réparations complexes. Inversement, nous pourrons l’aider à opérer des changements de fabrication – divers formats de bouteilles, par exemple – sur ses lignes de production. Et nous allons aussi l’accompagner à l’international, où elle était absente jusqu’ici", énumère Pierre-Damien Rochette, président de Rochette Industrie.
Une présence incontournable sur le marché du verre
L’acquisition de SM Glass permet à Rochette Industrie de porter le chiffre d’affaires de sa filiale de 1,5 à 5,5 millions d’euros. Avec des ambitions plus grandes à l’avenir, nourries cette fois des synergies commerciales entre les deux sociétés : M2S travaillant quasi exclusivement avec O-I, SM Glass lui apporte son portefeuille clients, affichant plusieurs références dont l’autre poids lourd du marché du verre en France, le francilien Verallia. "Avec SM Glass, nous représentons 60 % de parts de marché au sein des appels d’offres lancés par O-I et Verallia (80 % du marché national à eux deux, DNLR). Notre ambition est d’atteindre le seuil des 80 % dans les 3 ans", évalue Pierre-Damien Rochette.
Une stratégie globale en cours de déploiement
Connu comme fabricant de sous-ensembles mécaniques pour l’aéronautique et comme expert de l’usinage de précision dans l’énergie (principalement le secteur parapétrolier), Rochette Industrie resitue cette opération dans une trajectoire plus large. "Nous consolidons notre activité dans nos métiers historiques, que sont l’industrie verrière et l’énergie, pour nous imposer d’ici 5 ans comme un leader de la maintenance industrielle spécialisée", annonce le dirigeant.
De nouveaux débouchés à l’export
Pour preuve, le groupe biterrois est en croissance régulière "à deux chiffres" sur le créneau de l’énergie. En 2024, il a ouvert un centre de distribution aux Émirats arabes unis, lui permettant de rayonner sur le Moyen-Orient (Dubaï, Qatar, Oman…), et un bureau commercial à Houston pour préparer le terrain aux États-Unis. Ces opérations ont permis de progresser à l’export : centrée sur la France et l’Europe (80 % du CA) jusqu’alors, l’activité se répartit désormais à parts égales entre l’Europe, le Moyen-Orient et les États-Unis. D’ici la fin 2026, Rochette Industrie prévoit en outre de rajouter une offre de réparation à son unité émiratie, tandis que l’antenne américaine intégrera à son tour la distribution et la logistique. "Sans compter d’autres débouchés appelés à prendre de l’ampleur, tels que les énergies renouvelables ou encore, au regard du contexte international, la Défense", se projette le dirigeant biterrois.