Riviera Waves étoffe ses effectifs. À la recherche d'expertises dans le secteur de la microélectronique, la PME de Sophia Antipolis, spécialisée dans la technologie Bluetooth Low Energy, a donné sa chance à l'un des ingénieurs visés par le nouveau plan social de Texas Instruments. L'écosystème a une nouvelle fois fonctionné. La jeune entreprise y avait trouvé des appuis pour faire ses premiers pas, elle en est devenue aujourd'hui un acteur pourvoyeur d'emplois.
3 M€ de CA en 2012
Tout a commencé en 2009. L'Indien Wipro annonçait la fermeture de son site de Sophia Antipolis, 65 salariés restaient sur le carreau. Pour Ange Aznar, c'était le moment ou jamais de « sortir des schémas classiques » et de créer son entreprise : « J'avais l'expérience requise, je savais quels étaient les besoins du marché, je connaissais les erreurs à éviter ». Avec une douzaine d'anciens de Wipro avec qui il se sent « en osmose intellectuelle et technique », il lance, début 2010, Riviera Waves. Trois ans après, la jeune entreprise emploie une trentaine de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 3 M€, 100 % à l'export et vise une croissance de 20 % pour 2013. Un parcours sans faute compte tenu d'un secteur, la microélectronique, pas des plus faciles à aborder pour créer une entreprise avec ses mouvements cycliques et des investissements souvent supérieurs à la moyenne. La réussite de Riviera Waves pourrait donner des idées à quelques-uns des 517 ingénieurs de Texas Instruments qui vont perdre leur emploi avec la fermeture du centre de R & D de Villeneuve-Loubet. « Les ingénieurs français des métiers de la microélectronique sont recherchés, ils sont bien formés, leurs compétences sont reconnues », estime Ange Aznar qui cite pour appuyer ses propos les récentes implantations sur la technopole d'Intel, de Samsung ou encore de l'Américain Maxim, attirés par ce bassin d'expertises. Si ces trois ténors ont étoffé leurs équipes ces derniers mois, cela ne suffira pas pour assurer des débouchés à tous les anciens de TI.
Jouer la carte des réseaux
La création d'entreprise pourrait être l'une des pistes pour épargner à la Côte d'Azur une hémorragie de compétences. « Pour rebondir, se souvient Ange Aznar, nous avons pu compter sur le réseau avec des associations comme SAME (Sophia Antipolis Microélectronique), ARCSIS (Association pour la recherche sur les composants et systèmes intégrés sécurisés), Telecom Valley, CIM PACA (plate-forme technologique mutualisée) ainsi que le pôle de compétitivité SCS ». « Pour ce qui est du plan de revitalisation, il n'y a pas grand-chose à attendre », regrette le PDG de Riviera Waves, « financièrement nous n'avons bénéficié d'aucun coup de pouce, nous avons suivi le parcours classique : accompagnement par un incubateur, prêt régional à la création d'entreprise, mais nous avons autofinancé la création et le développement de l'entreprise dont le capital social a été porté à un million d'euros ».
L'atout CIR
Le plus difficile pour une PME qui démarre, c'est de décrocher le premier client. Riviera Waves est allé le chercher au Japon. « Il faut construire une relation de confiance malgré l'absence de références, l'aide du réseau est ici encore essentielle », insiste Ange Aznar. États-Unis, Israël, Asie, les marchés de Riviera Waves sont concentrés à l'international, « nous attendons toujours notre premier client français », espère le chef d'entreprise. Positionnée sur une technologie aujourd'hui mature, le Bluetooth low energy qui vise le marché émergent des capteurs, et sur une autre en devenir, le WIFI nouvelle génération (802.11 ac), plus rapide et plus puissant, Riviera Waves continue à investir dans la R & D avec un labo de test WIFI installé à Sophia Antipolis. La PME bénéficie ainsi du CIR (Crédit impôt recherche) qui lui a permis de financer plusieurs emplois d'ingénieurs, un atout français dans la course à la compétitivité sur le marché mondial.
Riviera Waves
(Sophia Antipolis)
Dirigeant : Ange Aznar CA 2012 : 3 M€ 30 salariés Tél. : 04 83 76 06 02 ange.aznar@ rivierawaves.com