Risques professionnels : Attention vigilance!

Risques professionnels : Attention vigilance!

En ces temps où les baisses de courbes d'activité inquiètent, celle des accidents de travail rassure quelque peu. En cinquante ans, le nombre d'accidents du travail a ainsi été divisé par trois en France. Mais le panorama est encore loin d'être rose, comme le révèlent les statistiques de l'Assurance-maladie. En 2007, le nombre d'accidents mortels (hors trajets) s'est ainsi chiffré à 624 contre 539 en 2006, soit une hausse de 16%. En cause, les risques routiers (23%) et les chutes de hauteur. Plus accidentogènes que d'autres, des secteurs de manutention tels que le BTP, le bois, les transports..., sans oublier le travail intérimaire (37 décès en 2006!). Quels leviers actionner pour diminuer ces risques? Quelles sont les obligations de l'employeur? Éléments d'éclairage. Dossier réalisé par Magali Le Clanche

Les employeurs redoublant d'efforts face aux risques professionnels, on se tue moins à la tâche. Mais pas question de s'arrêter en si bon chemin. Illustration chez deux acteurs du bâtiment.






«Le travail, c'est la santé», entendait-on dans les années 60. La prévention s'y emploie en tout cas, en conciliant au mieux activité professionnelle et sécurité. Et dans ce domaine, les pistes ne manquent pas. Programmer, former, contrôler, améliorer... Chez Eiffage Construction Ouest, spécialisé dans la construction de bâtiments et le génie civil, la méthode est rodée. «Dans un secteur accidentogène - une personne meurt environ tous les deux jours! -, nous tenions à nous doter d'un système permettant de progresser en permanence», explique Patrick Collin, responsable Qualité sécurité environnement pour la Bretagne et les Pays de la Loire. Les résultats sont là: Eiffage Construction Ouest voit son taux de fréquence (*) des accidents de travail diminuer depuis trois ans. L'accent mis sur l'information et l'analyse y contribue pour beaucoup. «Outre le port sur soi d'un guide rappelant les savoirs de base en termes de sécurité, chaque compagnon est invité à des temps d'échanges autour des risques lors de quarts d'heure prévention sur les chantiers», précise le responsable. Tout incident, qu'il ait causé ou non des victimes, est également passé soigneusement au crible. Alertes météo envoyées par SMS, livret sécurité consultable sur PDA, etc.: pour Velux France, qui emploie 265 commerciaux et techniciens sur le terrain, l'information n'est pas non plus un vain mot. À cela s'ajoute sa volonté de s'attaquer aux sources du risque.




Les cutters à la trappe!

«Dans le cadre du travail mené avec le CHSCT (NDLR: le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), nous avons ainsi décidé de renouveler l'ensemble de la boîte à outils de nos services après-vente en remplaçant, par exemple, les cutters trop tranchants par des grattoirs américains, illustre Christine Billet, directrice des ressources humaines. Nos techniciens ont, de même, la consigne d'éviter le travail en hauteur sur les fenêtres de toit pour privilégier, à chaque fois que c'est possible, les interventions de l'intérieur.» Pas question toutefois, pour les acteurs du bâtiment, de «stationner» sur des actions. Une vigilance en berne élevant les risques d'accidents, la prévention tend à améliorer sans répit ses résultats. D'où la place importante donnée à la formation. Au printemps prochain, Eiffage Construction Ouest formera ainsi tous ses intérimaires travaillant sur Saint-Nazaire. De nouveaux leviers - fin 2006, Velux France a mis en place un intéressement lié aux résultats en termes de sécurité - sont enfin régulièrement expérimentés. Avec le même credo: faire évoluer les comportements.




* Le taux de fréquence est le nombre d'accidents avec arrêt de travail supérieur à un jour, survenus au cours d'une période de douze d mois par million d'heures de travail.