Quels objectifs vous êtes -vous fixés en 2013 à la tête de l’APCE ?
J’ai été nommée il y a deux mois et je souhaite travailler avec l’ensemble des acteurs qui insufflent une dynamique entrepreneuriale en France. L’APCE est un support clé qui fait le lien entre le gouvernement et les entrepreneurs. L’accent sera mis sur l’innovation et l’entrepreneuriat en direction des publics dits plus fragiles et qui auraient moins accès à ces thèmes. Comme les femmes. Nos gouvernants ont pris conscience du potentiel économique de ce public.
Vous êtes justement à Lyon pour mettre en avant l’entrepreneuriat au féminin. Comment l’analysez-vous ?
Les femmes sont plus prudentes dans la façon d’aborder les projets de création d’entreprise mais pas moins ambitieuses. Fleur Pellerin, la ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, a lancé une consultation publique pour bâtir une politique qui s’appuie réellement sur les besoins des entrepreneurs. Le thème de l’entrepreneuriat au féminin fait partie des préoccupations. Le réseau Pionnières a lancé un observatoire de l’entrepreneuriat au féminin qui vient d’être réintégré à l’APCE. Il analysera le fonctionnement des femmes entrepreneurs et notamment pourquoi elles créent moins que les hommes. Seuls 30 % des créateurs sont des créatrices. A terme, l’objectif est de bâtir une plateforme pour flécher les parcours de création.
Il existe déjà beaucoup d’organismes, de syndicats, d’associations, d’initiatives pour aider les créateurs. Ne risque-t-on pas d’épaissir le millefeuille administratif ?
Je suis contre les millefeuilles administratifs mais il ne faut pas tomber dans le danger de la simplification qui appauvrirait. Tous les organismes ne font pas tout, mais il faut davantage flécher ce que chacun fait. Nous disposons d’un système riche, il faut le rendre lisible. Les femmes dans l’innovation, par exemple, le thème des incubateurs du réseau Pionnières, demandent un accompagnement très spécifique.
Vous pensez donc qu’en fonction des publics : les femmes, les jeunes, les minorités, il faut segmenter les accompagnements ?
L’offre crée la demande pour l’accompagnement des créateurs. On ne pourra détecter les potentiels qu’en ayant une connaissance pointue des profils. C’est ce que nous ferons au sein de l’APCE, notamment avec un outil de CRM prochainement opérationnel au sein de l’association pour rendre lisible les 7.000 outils d’accompagnement français pour les 600.000 visiteurs uniques par mois de notre site internet.
Présente à Lyon cette semaine pour l’inauguration de l’incubateur Rhône-Alpes Pionnières, la présidente de l’APCE (Agence pour la création d’entreprises) revient sur les enjeux de son mandat suite à sa récente nomination.