Rhône : Elastomères : Bluestar Silicones International veut jouer dans le top 3 mondial
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Rhône : Elastomères : Bluestar Silicones International veut jouer dans le top 3 mondial

Propriété du conglomérat Chem China, Bluestar Silicones International va investir 15 M€ sur son site de Saint-Fons. Objectif : moderniser sa production d'élastomères. « Cet investissement assure notre pérennité à long terme », assure son CEO, Frédéric Jacquin.

Chem China, la maison mère du groupe Bluestar a validé cet été un investissement de 15 M€ sur le site de Saint-Fons. A quoi va-t-il être affecté ?
Cet investissement est uniquement dédié à la partie des élastomères. Je m'explique : le silicone se présente soit sous forme liquide, on est alors sur un fluide qui permet de recouvrir un substrat (peau, cheveux, murs, papier, film etc.) et d'en améliorer les performances soit sous forme solide, sous la forme d'élastomère. Cette forme de silicone est durcie de façon chimique avec un catalyseur ou de façon thermique avec les élastomères vulcanisables à chaud. C'est précisément dans ce domaine que nous orientons ces 15 M€.

Que représente la partie des élastomères sur le site de Saint-Fons ?
C'est la deuxième activité du site. On a sur ce marché une position de co-leader en Europe. C'est un gros business pour nous mais il était nécessaire de remettre l'ensemble au meilleur niveau de la technologie, aussi bien sur nos outils de production que sur notre organisation industrielle afin de pouvoir fournir des produits plus purs et de meilleure qualité. Nous nous développons sur des applications difficiles - paramédical, automobile, etc. - où le degré d'exigence est très élevé.

Exigence à laquelle vous ne pouviez plus répondre ?
La machine de production à Saint-Fons arrivait en effet en bout d'optimisation. Par ailleurs, le design de notre atelier ne permettait plus d'éviter un certain nombre de pollution. D'où la nécessité d'un investissement significatif. Celui-ci s'étale sur une période de deux ans environ et va nous permettre également de remettre quelques ressources en R&D pour développer les produits.

Ce n'est pourtant pas le premier investissement d'envergure ces dernières années...
C'est vrai mais la chimie des silicones est une très belle chimie mais qui est dévoreuse de cash. Si l'on veut garder sa place et grandir, il faut investir. C'est une nécessité et c'est la stratégie des Chinois qui nous ont proposés dès notre rachat en 2007 un deal en reprenant notre technologie pour créer un gros site en Chine, dans la province du Jiangxi, qui est en train de démarrer et qui va servir toute l'Asie. En parallèle, ils n'ont cessé d'injecter du cash ici en France, qui est le bateau amiral du groupe à l'international.

Quelles sont plus globalement vos perspectives de dévelopement ?
Notre ambition est de jouer dans le Top 3 mondial alors que nous sommes au 5ème rang aujourd'hui. Nous avons vécu un changement stratégique majeur en 2011 quand le groupe a racheté le norvégien Elkem, numéro 2 mondial du silicium, la matière première du silicone que nous achetions jusqu'alors sur le marché. Nous sommes depuis le mois de juin intégrés à Elkem. Nous avons désormais un four dédié, sur mesure, ce qui nous permet d'accéder au silicium de façon beaucoup plus compétitive. Nous pouvons optimiser son coût sur des volumes plus importants.

Cette stratégie de synergie amont/aval avait-elle été évoquée dès 2007 au moment de votre rachat par Chem China ?
Absolument. Dans leur diagnostique, les Chinois nous avaient dit " vous avez 3 problèmes : vous êtes trop petits, vous n'êtes pas intégrés et pas assez internationalisés".
Nous avons travaillé sur les 3 sujets. Aujourd'hui nous avons renforcé l'export, nous sommes intégrés à Elkem et nous réfléchissons à une stratégie de croissance à la fois interne et externe. Mais il est un peu tôt encore pour développer cette stratégie d'acquisition.

Bluestar Silicones INTERNATIONAL
(Lyon)
Dirigeant : Frédéric Jacquin
1.400 salariés dont 800 environ en Rhône-Alpes
CA : 600 M€
www.bluestarsilicones.com

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