«Nous fabriquons aujourd’hui 150 camping-cars par an. La demande est là mais nous ne sommes pas en mesure d’assurer un niveau de production plus élevé. Si on me commande un véhicule aujourd’hui, je ne peux pas le livrer avant le mois de mai. Certains clients patientent. D’autres non…», soupire Guerric Bruand, directeur général de l’entreprise presque centenaire reprise par son père en 1978.
Un nouveau bâtiment de 8.000 m²
Rachetée par le groupe Trigano (CA 2014: 1 Md€; 4.100 salariés) en juin2012, le fabricant de camping-cars de Panissières (CA 2014/15 : 22,5 M€; 90 salariés a donc décidé de déployer de nouveaux moyens de production.
Après avoir envisagé une implantation à Balbigny notamment, Notin va finalement rester sur la commune de Panissières. La PME va quitter son siège historique, enclavé dans le centre du village, pour s’installer sur la zone artisanale du Roule, juste en face de l’entreprise Euromag. La communauté de communes va lui céder une plateforme de 25.000 m² sur laquelle Notin construira un bâtiment de 8.000 m² qui devrait être opérationnel fin 2016.
Doubler le chiffre d’affaires
Grâce à cet investissement, Notin devrait rapidement monter en charge. «À court terme, nous envisageons de produire entre 250 et 300 unités par an. À échéance de trois ans, nous devrions ainsi doubler le chiffre d’affaires», prévoit Guerric Bruand.
Une trentaine d’emplois devrait être créée pour faire face à cette hausse de la production. «Nous avons planifié cet espace pour être capables de monter à 1.000 véhicules par an. Au vu du développement des autres entreprises reprises par Trigano, c’est envisageable d’ici 5 à 8 ans», sourit le directeur général.
Renouer avec la rentabilité
Au-delà de ce nouvel élan du chiffre d’affaires, cet investissement, négocié avec Trigano depuis la reprise, devrait permettre à la PME, qui fêtera l’année prochaine en grande pompe ses 95 ans, de renouer avec la rentabilité. «Le résultat net est négatif depuis trois ans», admet du bout des lèvres Guerric Bruand, sans vouloir préciser les chiffres. Selon les comptes publiés sur les sites spécialisés, Notin aurait enregistré un résultat net négatif de 1,090 M€ en 2012, de -926.000€ en 2013 et de -676.000€ en 2014. «Depuis trois ans, nous sortons des produits plus accessibles, avec moins de marge donc, pour rester bien positionnés sur notre marché».
Et même si la mutualisation des achats au sein du groupe Trigano a permis de desserrer de façon importante les marges de Notin, la PME doit maintenant gagner en compétitivité pour faire face à la concurrence internationale, sans délocaliser. Guerric Bruand est confiant. «Notre site actuel est vétuste, mal organisé, enclavé. Avec ce nouveau bâtiment, nous allons éviter, par exemple, les allers-retours de nos camping-cars entre les différents stades de production. Grâce à cette simple réorganisation, nous allons gagner au moins 20% de productivité. Et il y a de nombreux autres leviers».
L’accélération de la cadence permettra également de mieux amortir les charges fixes. Notin, qui fait aussi du négoce multimarques et de la réparation, devrait donc rebasculer assez rapidement dans le vert.