«Le partenariat entre l'Etat, l'Agence de développement économique de la Loire (Adel 42), les collectivités locales et l'ensemble des acteurs économiques sur la question des fonds de revitalisation tend à essaimer sur d'autres territoires. L'Isère souhaite s'inspirer de notre expérience et j'ai même entendu dire qu'un colloque national pourrait être organisé pour tenter de généraliser ce mode de partenariat». Lors de son intervention à l'assemblée générale de l'Adel 42, le 20 juin dernier, l'ex sous-préfet de Roanne, Joël Mathurin, n'a pas caché son enthousiasme à l'idée que la Loire puisse servir d'exemple dans la mise en oeuvre des contrats de revitalisation et de l'utilisation des fonds dédiés.
Eviter la concurrence
«Effectivement, nous avons mis en place un dispositif spécifique au bassin de Loire Sud. Suite aux annonces simultannées en 2009 des fermetures d'Akers à Fraisses, de Siemens à Saint-Chamond et de ThyssenKrupp Mavilor à l'Horme, nous avons décidé d'expérimenter une mutualisation des conventions de revitalisation sur le bassin de Saint-Etienne Métropole», explique Patrick Férin, secrétaire général de la préfecture de la Loire, à l'initiative du dispositif. Et de poursuivre : «Nous avions l'expérience de deux autres conventions, Jean Caby et PCI Scem qui avaient vécu chacune de leur côté et en parallèle. Là, il aurait été complètement idiot de faire vivre ces trois conventions de manière cloisonnée. On se serait retrouvé avec trois cabinets qui auraient démarché les mêmes entreprises pour un même territoire. Cela aurait engendré une concurrence malsaine voir contre-productive pour le territoire». Le 7 juin 2010, le principe et les bases de ce dispositif sont actés par les élus, les entreprises et leurs cabinets conseils (Altedia et Sofred Consultants), lesquels ont abouti à la signature de trois convention le 15 novembre 2010, déclinés en 6 articles quasi-identiques. S'agissant des contributions respectives (sur la base de 4 SMIC par emploi supprimé), la mutualisation des ressources a été déterminée au regard des objectifs de créations d'emplois, soit 16% pour Akers Fraisses, 33% pour Siemens et 51% pour ThyssenKrupp Mavilor. «Au final, la mutualisation des conventions de revitalisation est quasi globale puisque seuls les rémunération des cabinets et les aspects relatifs aux reconversions de sites restent propres à chaque convention», commente Patrick Férin. Ainsi, ce n'est pas moins de 3,77 millions d'euros qui sont mutualisés à travers un dispositif associant l'ensemble des acteurs économiques de Loire Sud avec pour objectif de soutenir prioritairement les activités industrielles. Outre cet aspect partenarial, la mutualisation a aussi permis d'élargir la palette des outils financiers destinés à revitaliser le territoire.
Un fonds financier en plus
Aux traditionnelles primes pour la création d'emplois et actions collectives structurantes, destinés à dynamiser les stratégies économiques territoriales, la préfecture de la Loire a mis en place un fonds financier pour aider les entreprises à financer leur projets de développement et de pérennisation d'emplois. «Ce fonds financier que nous avons lancé avec la BP2L comporte un volet à taux zéro pour la moitié des projets et un autre avec un taux bonifié à 1,5%. Les 666.000 euros que nous avons prélevés sur les fonds de revitalisation et qui étaient destinés à couvrir un certain nombre de frais (bancaires, garanties, différentiel entre 1,5% et le prix du marché) ont permis à la BP2L de dégager 6 millions d'euros de prêts», se félicite Patrick Férin. Au final, tout est bon dans la mutualisation ! «Nous avions un objectif de création de 701 emplois. A ce jour, 604 ETP ont été programmés, soit 86% d'avancement. 194 ont d'ores et déjà été créés, très majoritairement en CDI», conclut Patrick Férin.
Emploi Pour redynamiser le territoire suite aux fermetures d'Akers, Siemens et ThyssenKrupp Mavilor, la Loire a testé les conventions de revitalisation mutualisées. Une expérience qui pourrait faire des émules.