Pouvez-vous nous expliquer comment a été créé votre poste de DRH territoriale et mutualisée ?
Mon poste a été créé pour répondre aux défis RH des entreprises du secteur agroalimentaire, notamment ceux portant sur le recrutement, la représentation de la filière et la formation. Il est soutenu financièrement par le fonds de revitalisation Candia visant à soutenir la création d’emplois dans les zones touchées par la fermeture de son usine à Campbon, ainsi que par la DREETS des Pays de la Loire. Né des échanges entre les professionnels du secteur et les territoires de Cap Atlantique, Pays de Pontchâteau et Estuaire et Sillon, le projet a été structuré par le cabinet Le 30 Fab, spécialisé dans les enjeux de revitalisation des territoires. Il s’est concrétisé, grâce à un partenariat avec le groupement d’employeurs Vénétis dont je suis salariée, par la création, fin 2024, de ce poste de DRH territoriale, à temps partagé.
Comment vous partagez-vous entre les entreprises qui ont rejoint le projet ?
Cinq entreprises ont rejoint le projet : Tipiak (160 salariés, jusqu’à 450 en haute saison), Atlantique Délices (30 salariés) et Maro-Océans (40 salariés) à Malville ; Frais Émincés (70 salariés, jusqu’à 120 en haute saison) et Kokiri (15 salariés) à Pontchâteau. Ces cinq entreprises ont leurs propres services RH. Ma mission est de développer des solutions collectives et opérationnelles. Pour ce faire, j’organise tous les quinze jours des réunions RH inter-entreprises pour partager des actualités et des initiatives dans ce domaine, le calendrier des évènements locaux à venir et surtout de favoriser l’échange de bonnes pratiques entre les entreprises. En complément, toutes les six semaines, je réunis les services RH et les directions des cinq entreprises pour prendre des décisions sur les solutions proposées, assurer un suivi des actions, échanger des retours d’expérience… Ces rencontres visent à instaurer une dynamique collective, fondée sur l’échange, l’écoute et la co-construction.
Quelles solutions concrètes avez-vous mises en place ?
J’ai commencé par des visites immersives au sein des cinq entreprises pour mieux comprendre leur environnement de travail et leurs enjeux spécifiques. Ces échanges de terrain ont permis de faire émerger des initiatives concrètes : par exemple, des passerelles inter-entreprises commencent à se mettre en place pour les collaborateurs, sur la base du volontariat et en fonction des pics de saisonnalité. J’assure également un rôle de représentation de la filière lors des différents événements et, dès septembre, j’en organiserai plusieurs en lien avec les entreprises. Ces temps forts permettent de valoriser le secteur de l’agroalimentaire, ses enjeux et la diversité de ses métiers, auprès des collectivités, du grand public, des établissements scolaires et de l’ensemble des partenaires du territoire. Ma mission répond aussi à d’autres enjeux RH, notamment en matière de formation et de mobilité. Par exemple, pour répondre aux problématiques d’accessibilité des entreprises, nous explorons plusieurs solutions concrètes, comme le covoiturage mutualisé.
Comment voyez-vous le projet évoluer ?
Le projet doit se dérouler sur trois ans. Au terme de cette première année pilote, nous évaluerons les actions concrètes mises en place avec les entreprises. L’objectif est de pérenniser la démarche et d’amplifier son impact en incitant d’autres entreprises à la rejoindre. Plus elles seront nombreuses, plus les solutions seront efficaces, adaptées, innovantes… Collectivement, les industries de la filière agroalimentaire pourront créer un environnement plus attractif et compétitif.