Très présent historiquement sur un grand quart nord-ouest de la France, Rétis élargit ses bases. En ouvrant de nouvelles agences à Saint-Priest (69) et Labège dans la banlieue toulousaine (31), le groupe breton de Joël Chéritel, spécialisé dans les réseaux informatiques, veut attaquer de nouveaux marchés géographiques et suivre ses clients en jouant la carte de la proximité. « Nous avons des clients dans ces deux villes où nous avions prévu d'ouvrir depuis longtemps. Malgré la situation économique globale, nous avons décidé de continuer à grandir », affirme le président.
Dix salariés de plus en vue
Les baux ont été signés il y a quelques semaines à peine. « À Toulouse, nous n'avons pas encore trouvé le bureau que nous voulions, nous sommes donc hébergés dans un hôtel d'entreprises en attendant », précise Joël Chéritel. Pour l'instant, chaque agence compte un salarié « du cru ». « Ils seront rapidement deux sur place et ces agences peuvent monter à cinq personnes dans les 12 à 18 mois », ajoute-t-il.Rétis, qui emploie 130 salariés dont une centaine au siège de Montauban-de-Bretagne, est aussi présent à Nantes depuis 1996, avec une vingtaine de collaborateurs. La région parisienne constituait sa deuxième ouverture : 12 salariés actuellement. A suivi Quimper, pour couvrir le Finistère et le Morbihan, avec six personnes à ce jour.
Croissance annuelle de 10 %
Malgré la crise, Rétis a connu une croissance de 10 % l'an passé. Son chiffre d'affaires est passé de 22,3 à 24,5 millions d'euros. Il était de 19,7 millions en 2008. L'entreprise en réalise pour l'instant un quart en Bretagne, un quart dans les Pays-de-La-Loire et un autre quart en région parisienne. Côté résultat, il est « légèrement positif », mais 2013 sera meilleure que 2012 assure Joël Chéritel, qui clôture ses comptes annuels l'été.
Paquebots, banques, hôpitaux
Ses activités historiques de câblage informatique (20 % du business) et de réseaux-sécurité (50 %) - le reste est porté par la communication unifiée et les services managés - progressent toujours, avec de beaux projets dans les tuyaux.Le secteur privé en porte 58 %. « Nous nous sommes fait une spécialité de travailler sur des chantiers et environnements complexes », souligne Joël Chéritel. Pour son client STX, il vient par exemple de réaliser le câblage de son dixième paquebot. Rétis intervient aussi au chantier du futur siège de la Banque Populaire de l'Ouest à Saint-Grégoire. Ses autres clients s'appellent Oberthur, Sanofi, Ifremer, TVN, l'AMF, Vinci, centre hospitalier de Bretagne Sud... Pour Eutelsat, Rétis pilote même 24 heures sur 24, sept jours sur sept, un centre de supervision installé à Montauban-de-Bretagne.Plus discret sur ses contrats avec la Défense, Joël Chéritel souhaite développer ce marché. Il a d'ailleurs recruté un ancien général, Xavier de Pontbriand, spécialement affecté à cette mission.
Campus numérique perdu...
Rétis a aussi équipé les trois premières salles de téléprésence immersive du futur campus numérique breton (ou UEB C@mpus). Ce projet de 60 millions d'euros, unique en Europe, vise à interconnecter 38 sites en Bretagne, soit 54 salles reliées et 7 salles de téléprésence (900 km de fibre optique). Malheureusement, Rétis n'a pas été retenue dans l'appel public à concurrence. Rétis avait rejoint le groupement Alcatel-Lucent - Spie Batignolles. C'est finalement Eiffage-Orange-FIDEPPP2-Caisse des Dépôts qui est le « lauréat pressenti ». « Nous avons fini dans les trois premiers des cinq compétiteurs, ce n'est pas ridicule loin s'en faut », confie Joël Chéritel fair-play.
... mais data center en force
Rétis a plus de succès avec les data centers, un nouveau créneau porteur. D'autant plus que Rétis apporte une solution moins énergivore grâce à une armoire hermétique et sous pression. « Nous venons de faire la mise en service du data center de Cordon Electronics à Dinan », illustre Sébastien Lothe, directeur avant-vente et marketing. Un marché de 180.000 euros. TDF, qui projette son deuxième data center à Rennes après Bordeaux, a récemment rendu visite à Rétis.
Investissements en sallesde téléprésenceSon siège se veut d'ailleurs une vitrine technologique. La société a investi cette année dans de nouveaux outils de téléconférence et téléprésence immersive à l'échelle 1, comme cette salle interne à 60.000 euros. Bluffant !
Géry Bertrande
Informatique Après avoir essaimé dans l'Ouest et à Paris, le groupe de Montauban-de-Bretagne vient d'ouvrir deux agences pour élargir son périmètre.
Parallèlement, les investissements technologiques se poursuivent au siège breton de la société qui fête ses 20 ans.