Restauration : La CPIH 72 ne digère pas le projet de hausse de la TVA
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Restauration : La CPIH 72 ne digère pas le projet de hausse de la TVA

Restaurateurs et hôteliers dénoncent le rapport du député socialiste Thomas Thévenoud. Les professionnels locaux craignent pour la pérennité de leurs établissements.

«Hérésie économique, travail à charge», les qualificatifs ne manquent pas aux hôteliers et restaurateurs sarthois pour fustiger le rapport Thévenoud, présenté à la commission des finances de l'Assemblée nationale fin octobre. Le parlementaire estime en effet que les restaurateurs n'ont pas tenu leurs engagements en échange du passage de la TVA à 5,5% en 2009. «Il avance le chiffre de 5.000 emplois créés en deux ans, alors que l'Insee en a comptabilisé 53.000!», s'emporte Jean-Paul Hennin, président de la Chambre professionnelle des indépendants de l'hôtellerie de la Sarthe (CPIH 72). Aucun chiffre n'est avancé par la CPIH sur les créations d'emplois générées en Sarthe par la baisse de la TVA, mais son président maintient que les engagements pris au plan national ont été tenus. Création de deux fois 20.000 emplois, prise en charge de 50% de la mutuelle santé des salariés, disparition des salaires au Smic, congés supplémentaires et prime TVA annuelle de 500€ pour les salariés, des mesures prises en 2009 dans le cadre du «contrat d'avenir» que la profession pourrait remettre en cause. «Si la TVA passe à 12% contre 7% aujourd'hui, on ne pourra pas la répercuter sur nos clients. On conservera les avantages acquis pour les salariés, mais la prime TVA sera remise en cause», souligne Jean-Paul Hennin.




Les établissements ruraux menacés?

Tous s'inquiètent donc d'une ponction possible du delta de TVA sur les résultats de leurs entreprises, soumises à des mises aux normes régulières. «J'ai investi 450.000€ dans mon établissement et recruter trois personnes. Compte tenu de mes investissements, une hausse de la TVA me contraint à supprimer trois postes en cuisine et deux en salle», avance le propriétaire de l'Hôtel Arbor à Mulsanne Jacques Blanchet. À Saint-Calais, le dernier hôtelier-restaurateur de la commune Éric Fontaine tire lui aussi le signal d'alarme. «La rentabilité des établissements ruraux est un équilibre précaire. Aujourd'hui, beaucoup d'hôtels et de restaurants ferment dans les campagnes et les repreneurs se font rares. Le risque c'est de voir cette hausse de la TVA accélérer la disparition des petits indépendants et le maintien des grandes chaînes.»

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