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Réseaux d'accompagnement L'atout pérennité
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Réseaux d'accompagnement L'atout pérennité

Se lancer seul dans l'aventure de la création d'entreprise est toujours possible. Mais vivement déconseillé. Un chiffre retient l'attention: lorsqu'elle est seule, une entreprise nouvelle sur deux ne passe pas le cap des cinq ans. Un taux qui passe à 78% quand elle a été accompagnée.

Le rôle des réseaux est de préparer le porteur de projet à «passer à l'acte» — Photo : French Fab

«Se faire accompagner dans son projet, c'est augmenter notablement ses chances de réussite, s'assurer une meilleure pérennité», déclare avec force Dominique Mentha, directrice adjointe de l'APCE (Agence pour la création d'entreprise). «Le fait d'être accompagné oblige le créateur ou repreneur à s'interroger, à se questionner, voire à modifier son projet initial. Le créateur a besoin de l'effet miroir que constitue la rencontre avec des professionnels. C'est aussi l'occasion d'acquérir des informations utiles, une méthodologie, de ne rien oublier.»

Réseaux: inscrits dans l'ADN de l'entreprise

La notion de réseau est désormais profondément inscrite dans le monde de l'entreprise. Chefs d'entreprise et cadres en exercice sentent le besoin de se rencontrer, d'échanger, de se former au sein de clubs, d'associations, de cercles. Impératif encore plus flagrant pour un porteur de projet qui, s'il maîtrise généralement bien son métier, ne sait souvent rien ou presque de la vie qui l'attend une fois aux commandes de son outil de travail.

Relativiser, approfondir

«Souvent, les gens viennent vers nous, attirés par le miel que constituent nos prêts d'honneur. Mais s'ils sont sérieux, ils comprennent vite que ce que nous leur proposons va bien au-delà d'un simple coup de pouce financier, même s'il n'est pas négligeable», explique Robin Lecat-Foveau, président du Club des créateurs et repreneurs d'entreprise d'Ille-et-Vilaine. CCRE, Réseau Entreprendre, France Initiative, Boutiques de gestion, CCI, Chambres des Métiers et de l'Artisanat, CRA, EGEE... Le rôle de tous ces réseaux est de préparer le porteur de projet à «passer à l'acte» dans les meilleures conditions possibles, en l'amenant à s'interroger sur ses motivations, son projet, son business plan, son plan de financement. En l'éclairant des conseils nés de l'expérience des compétences réunies dans ces circuits.

«Percuter leurs certitudes»

«Notre vocation, ce n'est pas de fabriquer du chef d'entreprise. C'est d'offrir à ceux qui veulent le devenir un lieu d'échanges pour relativiser, approfondir, voire percuter leurs certitudes. Et leur permettre d'identifier les bons interlocuteurs aux bons endroits. À eux de choisir le ou les réseaux qui correspondent le mieux à leur projet», résume Sophie Gras, de Réseau Entreprendre. Les banquiers ne s'y trompent pas en ouvrant plus facilement leurs crédits aux porteurs de projets qui ont fait l'effort - et eu l'humilité - de se faire accompagner. «Le fait d'avoir décroché un prêt d'honneur auprès d'un réseau est un gage de crédibilité aux yeux du banquier qui sait que le projet a déjà été ausculté. Et permet un puissant effet de levier pour le financement», explique Robin Lecat-Foveau. «Créer une entreprise constitue déjà en soi un acte de vente. Un créateur a besoin de convaincre. Réussir à convaincre les professionnels aguerris qui font vivre ces réseaux - très souvent eux-mêmes chefs ou anciens chefs d'entreprise - est déjà une victoire», conclut Sandrine Wehrli, déléguée générale de CCI-Entreprendre en France.

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