On peut aussi entreprendre dans les quartiers dits sensibles ! C'est même là que le nombre de jeunes qui voudraient entreprendre pour créer leur emploi serait le plus élevé, en regard du taux de chômage souvent élevé de ces mêmes quartiers. À Rennes, un centre d'affaires avait ouvert en 2011 à Villejean. Fort de cette expérience visiblement concluante - il a fallu attendre cinq ans - un deuxième « CAQ » (centre d'affaires de quartiers) vient d'ouvrir au Blosne, avec le soutien de la ville, de Rennes Métropole, de la Caisse des Dépôts, de la maison de l'emploi Meif et du bailleur social Archipel Habitat. Une semaine après la visite de François Hollande, venu à Rennes avec son carnet de chèque signant 100 millions d'euros pour la rénovation urbaine de ces quartiers rennais, la maire Nathalie Appéré a visité ce nouveau lieu de « tremplin » et fait part de sa volonté d'étendre ce projet à un troisième pôle dédié à l'entrepreneuriat, du côté de Maurepas, sans en préciser toutefois le délai. Avant cinq ans, sans doute...
Ils y entreprennent, ils témoignent...
Ils sont architectes, naturopathes, esthéticiennes, UX designer... Habitants au Blosne ou à Villejean, ils ont trouvé dans le centre d'affaires un lieu d'accueil de leur activité mais aussi de partage. « Avoir un petit QG, c'est la base pour entreprendre », témoigne Edgar Castro (société Landstic) qui y voit « une opportunité, une chance ». Ce jeune créateur de serious games est aussi séduit par la mise en réseau grâce à ce lieu. Franchir une étape, tester son concept, avoir la réponse à ses problèmes autour d'un café, c'est ce qui motive Claire-Agnès Froment au centre d'affaires du Blosne. Fondatrice de la conciergerie Au Ptit Blosneur, elle a fédéré 70 adhérents en cinq mois et se rémunère trois euros par service. Le loyer modéré lui permet de chercher un équilibre économique. Melissa Mac-Lier, gérante d'Aroma Esthetic, y voit aussi « une bonne propulsion » à moindre coût pour démarrer son activité après deux ans de domicile. Thomas Betremieux, architecte (AT Home), a testé les limites du travail à la maison : « Au centre d'affaires, je peux recevoir mes clients sans problème. » Melissa Mac-Lier avait bien trouvé un local, mais au loyer prohibitif de 1 000 euros, le calcul était vite fait, séduite par le lien entre les entreprises, les recommandations, les idées partagées... Après le vivre ensemble, elle peut défendre le « travailler ensemble ».
À quelles conditions ?
Pour intégrer un « CAQ », il faut être une entreprise créée depuis moins de trois ans. Le loyer est modéré, à environ 13,90 euros TTC/m²/mois (internet, chauffage, eau et électricité compris, mais sans services mutualisés pour l'instant). Les bureaux vont de 9 à 20 m² (soit 118 à 296 €/mois). Pour ne pas concurrencer d'autres offres d'hébergement, la location est limitée à deux ans maximum (un an deux fois renouvelable six mois), contre trois ans en pépinière par exemple. Au Blosne, il reste deux bureaux à louer (sur huit) et un seul à Villejean.