Rennes vient de traverser un pic de pollution, invitant les automobilistes à abaisser leur vitesse sur sa rocade. Une information largement relayée sur la route, mais quand il s'agit d'obtenir les statistiques précises et l'historique de la qualité de l'air, la communication est moins fluide... Dans ses colonnes, le quotidien Ouest-France révélait samedi 12 mars : "Aucune mesure sur la qualité de l'air n'a été effectuée sur la rocade de Rennes depuis le 1er octobre 2015, date à laquelle la vitesse limite a baissé de 20 km/h". Le test qui devait durer un an, pour pouvoir obtenir un comparatif, est donc reparti à zéro. Une deuxième campagne vient en effet d'être lancée. En février dernier, Le Mensuel de Rennes consacrait aussi un dossier sur le sujet dénonçant "une réalité embrumée".
Manque de transparence
Très médiatisée, la qualité de l'air est un sujet hautement sensible. Les statistiques sur l'air rennais sont établies par l'association régionale Air Breizh, financée par des collectivités dont Rennes Métropole. Ce que déplorent certains détracteurs, arguant aussi du manque de transparence vis-à-vis du citoyen, car aucune donnée n'est disponible concernant la rocade. Sur son site internet, Air Breizh se défend et se présente comme "un organisme neutre et indépendant dont les travaux sont intégralement rendus publics". Les chiffres publiés sont en fait ceux de cinq stations de mesures intra-muros. On ne peut remonter qu'à 48 heures de données et le bilan d'activités 2015 n'est pas encore publié.
Des sources d'informations multiples et extra-territoriales
Sur le site web chinois AQICN on trouve la plupart de ces stations au niveau mondial, dont celles de Rennes... qui sont gérées par Air Breizh. Manque là encore les données de la rocade. "Nous sommes donc dans la situation intéressante où il est possible d'obtenir les résultats de mesure de pollution d'Air Breizh à partir d'un site chinois car les capteurs semblent fonctionner, alors qu'il n'est pas possible d'obtenir les résultats de la rocade en raison de panne de capteurs...", ironise ce chef d'entreprise sous couvert d'anonymat qui utilise aussi l'application de la start-up parisienne PlumeLabs, téléchargeable sur smartphone. Celle-ci permet d'avoir l'historique pour Rennes remontant au 8 octobre 2015, sans sources.