Au milieu du gué. C'est la situation actuelle de Self Signal. Placée en redressement judiciaire en 2010, à la demande de son dirigeant Jean-Charles Jego, l'entreprise de signalétique avait engagé un plan de continuation sur dix ans. 2015 devrait être l'année du « retour à la rentabilité », selon ses calculs et malgré une baisse de chiffre d'affaires de 15 % et d'effectifs de moitié - Self Signal est passée de 110 à 55 salariés -. « Il vaut mieux négocier dix ans et faire mieux avant », glisse-t-il. Au plus mal, son résultat était tombé à - 300.000 euros. En 2014, l'entreprise a réalisé 6,8 M? de chiffre d'affaires pour - 127.400 ? de résultat net. « À fin mai, nous étions à - 170.000 ?. » Toute l'année est « une course au résultat », selon lui. Et la visibilité se retrouve en novembre...
« Village d'artisans »
Jean-Charles Jego a restructuré la société qu'il avait reprise en 2005 et qui vient de fêter ses 30 ans. Il voit l'entreprise comme « un village d'artisans », fort de 34 métiers différents dont un souffleur de verre pour les enseignes néons qu'elle fabrique aussi. Plus connue pour ses panneaux de signalisation routière (la moitié de son activité), Self Signal travaille également la communication visuelle, pour des enseignes commerciales, des agences... La moitié de son business est réalisée via les collectivités ; l'autre moitié, le privé. Avec de belles références : la signalétique des lycées bretons, des bâtiments du conseil général 44 et du CMB pour son nouveau logo, l'impression de tapisseries pré-encollées pour un hôtel à Saint-Malo, 70 totems pour le centre commercial Atoll à Angers, etc. Ses chiffres sont évocateurs : 30.000 panneaux dits « de police » et 10.000 de chantier par an, un million d'euros de stocks... « 50 % de ce que l'on fabrique chaque année n'est pas au catalogue. Nous n'avons pas de standard », précise-t-il misant sur la qualité et le haut de gamme. Les difficultés, il les traverse avec agilité : « Quand on a très peu de moyens, on innove davantage ! » Depuis 2013, son bilan déchets est ainsi positif, avec 40 tonnes de matières plastiques recyclées notamment. Cette année, il vient de réaliser des totems élégants pour la ville de Dinard, à base de lames brise-soleil détournées. Self Signal se veut imaginative face au client, y compris pour ses propres besoins.
Des investissements
En 2006, Jean-Charles Jego avait racheté un ancien entrepôt de La Poste, réaménagé pour son activité avec 6.000 m² de production et 1.000 m² de bureaux (400.000 ? investis à l'époque). Aujourd'hui, pour ses collaborateurs, il veut en aménager l'immense terrasse où il imagine des ruches et des jardins potagers à partager. Jean-Charles Jego n'a jamais abandonné les investissements, même si c'est plus compliqué vis-à-vis des banques. Self Signal a beaucoup recours au crédit-bail fournisseur. Le dirigeant rennais, qui s'appuie un peu en sous-traitance sur Bretagne Ateliers, songe aujourd'hui à s'équiper de nouvelles fraiseuse et riveteuse, après une nouvelle machine pour remplacer la sérigraphie (150 K?), utile pour garantir ses panneaux pendant dix ans, sans problème technique qui viendrait plomber le résultat.
La vitesse sur la rocade de Rennes va passer de 90 à 70 km/h au 1er octobre prochain. C'est Self Signal qui a livré les panneaux adéquats. À mi-chemin de son plan de continuation engagé en 2010, l'entreprise de Cesson-Sévigné poursuit sa route et ses investissements.