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Rennes : Le groupe Legendre en soutien actif d'Armorgreen
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Rennes : Le groupe Legendre en soutien actif d'Armorgreen

Acteur breton des énergies renouvelables né avec le photovoltaïque il y a sept ans, à Rennes, Armorgreen se repositionne aujourd'hui sur l'efficacité et la maintenance énergétiques, le développement international et lance sa foncière "verte", pour tenter de perdurer. Abandonnant 80 % de son activité d'installation, désormais sous-traitée, son effectif a fondu de 110 à 65 salariés et son business de 40 M€ en 2013 a perdu 30%. Son capital évolue en parallèle, passant d'un statut de participation du groupe de BTP Legendre (1.300 salariés, 350 M€ de CA) à celui de filiale.

Comme bon nombre de ses confrères, quand ils existent encore vu la casse dans le secteur du solaire en France, Armorgreen revoit ses plans. Son fondateur Pascal Martin opère "un changement de modèle économique", qui pourrait s'apparenter à un sauvetage grâce au soutien de son actionnaire de référence, le solide groupe de BTP rennais Legendre. Après avoir connu un véritable "trou d'air" en 2014, avec une chute de 30% de son business, Armorgreen espère retrouver en 2015 son niveau d'affaires de 2013, soit remonter à 40M€. "Il faut savoir s'adapter", selon Pascal Martin. Pour y parvenir, sa stratégie à horizon 2020 est claire : la maintenance devra représenter 30% dans trois ans et les énergies renouvelables avec l'autoconsommation et le stockage porter 70%, dont la moitié réalisée en France et l'autre moitié à l'international.

La pose en direct stoppée

D'abord, l'entreprise a cessé son activité de pose de panneaux photovoltaïque, désormais sous-traitée à 80%, hormis pour les chantiers de haute technicité. L'effectif est ainsi passé de 110 à 65 personnes en 12 mois, par le biais de licenciements économiques. Pascal Martin sentait déjà le vent tourner l'été dernier lorsqu'il nous avait accordé un entretien (à lire ici).

Déploiement de Baoène et création d'Ener24

L'activité va désormais s'appuyer sur un mix, entre les énergies renouvelables (dont la part doit diminuer à 10%), l'efficacité et la maintenance énergétiques avec le maintien de sa structure de conseil Baoène, qui doit représenter de 10 à 30% d'ici à 2020 (son CA est passé de 900K€ en 2012 à presque 2M€ en 2014 et doit atteindre 2,5 à 3M€ en 2015). Baoène, qui porte 5 emplois à Rennes, vient d'ouvrir une agence à Nantes avec trois personnes pour les Pays-de-la-Loire et "nous ambitionnons de faire de même à Paris en 2016 pour l'Ile-de-France", annonce Pascal Martin.

La part de business en maintenance énergétique, doit également passer de 10 à 30%, avec la création récente d'un "pure player" Ener24, structure calquée sur les sociétés de facilities management. Sur ce dernier champ, qui représente déjà un million d'euros pour 350 installations suivies et doit grimper à 1,5M€ cette année et continuer à +50%/an, Armorgreen mise sur les bailleurs sociaux, les syndics, foncières... La société bretonne s'appuiera sur sa filiation avec le groupe rennais de BTP Legendre, notamment en Ile-de-France où un premier programme neuf commun de 70 logements sociaux en conception-réalisation-exploitation-maintenance est scellé avec un bailleur social parisien. Pascal Martin veut s'afficher comme "une tête de pont" et ne s'interdit donc pas de gérer le gaz, les ascenseurs... en sous-traitant bien entendu. En revanche, il réfléchit actuellement à lancer un concept innovant de garantie énergétique en kWh à l'achat du logement. L'efficacité énergétique du logement serait ainsi garantie pendant cinq ans, par exemple auprès d'une maîtrise d'ouvrage. Ener24 compte aujourd'hui 10 salariés.

L'international à développer "dans 5 à 10 pays"

Parallèlement, l'international aujourd'hui inexistant doit porter la moitié du business en 2020, grâce à des partenariats "si possible majoritaires" à conclure dans cinq à dix pays, à partir de 2016. L'Europe (essentiellement l'Angleterre), l'Afrique, l'Amérique et l'Asie sont visées, via une activité de grandes centrales solaires au sol. Là encore, Armorgreen s'appuiera sur le groupe Legendre, notamment à Londres où a été créé Legendre UK fin 2014. "Le solaire restera notre colonne vertébrale", affirme Pascal Martin qui a remporté 20MWc en 2014 en espère 25M€ cette année en présentant plus de 50MWc de projets aux prochains appels d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) qui attribue les marchés. C'est lui qui pilotera en direct ce développement international, ainsi que la partie financière (lire ci-dessous). Pour cela, il a nommé un bras droit à l'opérationnel : Franck Gosselin, chez Armorgreen depuis cinq ans.

Et la méthanisation?

Ce secteur de la méthanisation est considéré comme une "fausse promesse" en France, par Pascal Martin. Comme ses confrères, Armorgreen dit être confrontée aux complexités administratives (3 à 5 ans de délais quand ils en préféreraient 6 mois) et à des crédits bancaires "en voie de raréfaction". Son carnet de commandes affiche en conséquence 7 à 10M€ de projets sur 2015-2016. "Nous arrivons à maintenir un niveau d'activité..."

Le siège de La Mézière mis en vente

Enfin symboliquement, Armorgreen vend son siège historique, un bâtiment emblématique de 2.500m² (dont 500m² d'ateliers devenus inutiles) à La Mézière au nord de Rennes qu'elle quittera cet été pour rejoindre le coeur de Rennes et partager dans le Mabilay, bâtiment-totem de la French Tech réhabilité par Legendre, un plateau de 750m² avec la foncière du groupe Legendre, I3L. Ce transfert signera la mise en commun de tous leurs services supports (comptabilité, RH...). Les doublons éventuels chez Armorgreen sont gérés par des départs non renouvelés, en espérant que le soleil brille à nouveau pour cette société en pleine mutation qui opère le même virage stratégique que son voisin direct et confrère rennais Neworld Energies, quelques années après...

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