Comment vont les réseaux d'entreprises en cette période chahutée ? La CCI de Rennes a souhaité « prendre le pouls » sur son territoire en lançant la première enquête du genre par des entretiens individuels avec 31 présidents de clubs représentant 2.625 entreprises membres. Soit un tiers des réseaux identifiés sur le territoire rennais, au nombre de 94.
« La mise en réseau ne faiblit pas, c'est un besoin ! »
« Ce travail a été très instructif », se félicite Alain Quais, vice-président de la CCI délégué développement réseaux. Premier enseignement : « Les réseaux se portent bien ! » Alors que la crise aurait pu entraîner un repli sur soi, les réseaux connaissent une bonne fréquentation. « La mise en réseau ne faiblit pas, c'est un besoin ! Les chefs d'entreprise ressentent le besoin de se retrouver pour rompre l'isolement, élargir leur réseau, trouver des solutions, partager des conseils... Et plus de la moitié des clubs (51 %) se sont créés dans les dix récentes années, c'est aussi un indicateur de vitalité », ajoute Anne-Claude Millet, directrice réseaux d'entreprises et relations institutionnelles. 19 % ont même moins de 5 ans.
Prime à la proximité
La tendance est aux clubs de territoires. Les associations de zones d'activités par exemple ont le vent en poupe. C'est le cas à Ker Lann, Pacé, Saint-Grégoire et bientôt à Vern-sur-Seiche. C'est l'économie de proximité qui prime. « Pourquoi aller chercher une entreprise partenaire éloignée, alors qu'il y en a peut-être autour de nous qu'on ne connaît pas ? », interroge Isabelle Legendre, responsable projets réseaux d'entreprises à la CCI.
Taille critique : 50 membres
En nombre de membres, plus du tiers (34 %) en ont plus de 100 ; et 41 % entre 20 et 50 membres. « Pour la plupart, il existe un potentiel de développement », analyse encore Isabelle Legendre. Même si le nombre idéal se situe autour des 50 adhérents... C'est le même seuil critique que dans les monastères, compare Alain Quais, « pour la richesse des échanges tout en privilégiant l'échange individualisé ». Au-delà, certains privilégient le travail en commission, à l'image du CJD. Mais attention : « Un réseau n'est pas un distributeur de cash ni un libre-service ! », prévient Alain Quais. « Il faut de la réciprocité. On reçoit ce que l'on donne. Et les clubs qui durent sont ceux qui sont structurés. » Cette enquête a révélé une surprise : le besoin de maillage entre réseaux. « Ils se connaissent mais voudraient aller plus loin. Les projets collaboratifs, l'intelligence collective sont dans l'air du temps. »
Vers un observatoire ?
D'où la nécessité pour la CCI, « réseau des réseaux » déjà à l'initiative d'une douzaine de clubs et d'un cercle des présidents (65 membres), d'enrichir sa stratégie voire de la réorienter. « Nous avons une idée de l'animation mais les clubs expriment aussi leurs besoins. Nous allons y répondre », explique Alain Quais qui cite trois objectifs : développer leur notoriété, professionnaliser les pratiques d'animation et développer les compétences au sein des clubs (y compris comment passer la main), et favoriser le maillage. Un observatoire plus précis des réseaux pourrait également être créé pour mieux suivre tous ces indicateurs.
La CCI de Rennes a mené l'enquête auprès d'une trentaine de présidents de réseaux d'entreprises, pour mieux les connaître et identifier leurs attentes. État des lieux.