Renaud Prigent, âgé de 29 ans, vient de racheter ATPS, une PME spécialisée dans la tôlerie industrielle. Basée à Lannion, cette entreprise de 14 salariés affichant 1,8 million d’euros de chiffre d’affaires en 2024 appartenait à la société finistérienne Toliroise.
Pour boucler, en décembre 2024, ce rachat, le jeune dirigeant, titulaire d’un master en ingénierie mécanique et ancien du groupe costarmoricain de systèmes de distribution d’eau, d’énergies et de gaz Le Du, a été accompagné par le cabinet briochin Inwent, Initiatives Trégor et les banques Crédit Agricole et Banque Populaire Grand Ouest.
"Nous sommes séparés de Toliroise mais toujours partenaires économiques, explique Renaud Prigent. La séparation a eu lieu car les deux entreprises étaient distantes et si les pièces produites sont complémentaires, elles sont aussi très différentes."
Des pièces de haute technicité
ATPS fabrique des petites pièces à haute technicité, pour du prototypage ou des petites séries de 100, voire 1 000 pièces. Toliroise réalise de son côté des pièces plus grandes, en plus grandes séries, notamment pour le groupe de mobilier urbain JC Decaux, qui pèse 50 % de son chiffre d’affaires.
Le premier client d’ATPS est positionné sur le marché de la Défense. Renaud Prigent ne cite pas son nom, confidentialité oblige. "Il représente 30 % de notre chiffre d’affaires", indique l’entrepreneur. Les autres clients de la PME costarmoricaine évoluent dans les domaines des télécoms, du médical et du transport.
Beaucoup sont situés dans les Côtes-d’Armor. ATPS réalise en effet 50 % de son activité avec ses voisins lannionnais, Eco-Compteur (systèmes de comptage pour piétons et cyclistes), Exfo Optics (appareils de test pour l’industrie des communications), Idil Fibres Optiques (lasers et systèmes à fibres optiques) ou encore Lumibird (technologies laser).
Des recrutements pour les fonctions support
"Ce qui caractérise ATPS est que l’on fabrique très vite, en général à trois semaines, avec une grande technicité, qualité et précision, reprend le jeune entrepreneur. Et nous avons beaucoup de moyens en interne : découpe par poinçonnage, des presses plieuses de 2,5 mètres et une autre pour pièces particulières, une cabine de peinture, de la soudure, de l’ajustage, de la sérigraphie… Nous apportons à nos clients un produit clé en main, sans qu’ils aient à solliciter plusieurs prestataires."
La reprise a entraîné une réorganisation d’ATPS, certaines fonctions support, comme la qualité et l’informatique, étant partagées entre les deux entreprises avant décembre 2024. Un comptable et un responsable méthode, qui a travaillé 20 ans dans un bureau d’études et qui est chargé de créer celui d’ATPS, qui dépendait auparavant de celui de Toliroise, sont arrivés. Un site internet propre à ATPS va également être créé.
Un développement qui restera maîtrisé
"Si je développe ATPS, ce sera pour que l’entreprise atteigne 30 personnes, pas au-dessus, reprend Renaud Prigent. Nous voulons continuer notre spécialisation de prototypes et petites séries, et de pièces complètes. Quand je vois la complexité des celles que l’on fait, l’objectif n’est pas de produire des pièces simples, sauf pour les entreprises voisines."