«Relever le défi du lait infantile»
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«Relever le défi du lait infantile»

Luc Morelon, porte-parole du groupe Lactalis, fait le point sur le marché du lait.


Comment se porte la filière lait en ce début 2010?


C'est un marché difficile dans son ensemble, et nous y sommes évidemment très attentifs. L'an passé, la France a payé plus cher le lait que ses voisins, notamment allemands et hollandais. Il y a donc eu une forte augmentation des importations de produits venant de ces deux pays, car nous n'étions plus assez compétitifs. Nous sommes aujourd'hui dans l'expectative pour 2010. Nous espérons que le marché européen va se redresser, et que les Allemands et Hollandais notamment vont augmenter le prix du lait auprès de leurs producteurs... Fin 2009, les produits industriels se sont redressés fortement, ce qui nous donne de l'espoir, même s'ils sont à nouveau en train de se retasser. Il faut rester prudent.




La crise économique mondiale a-t-elle eu un impact? Elle a effectivement joué un rôle sur les échanges mondiaux de produits laitiers. Car les pays producteurs et exportateurs de pétrole, comme au Moyen Orient ou la Russie, sont les mêmes qui importent aussi du lait! D'où la liaison entre les prix du pétrole et du lait.





Quels moyens mettez-vous en oeuvre pour rester compétitifs?


Notre réaction est de créer de la valeur ajoutée, de faire en sorte d'avoir des marques fortes que le consommateur apprécie et achète. Nous recherchons à mettre de la valeur dans les produits industriels, comme les protéines de lait concentrées et le calcium de lait fabriqués à Retiers par exemple. Ils résultent d'un processus d'extraction pointu dont nous avons l'exclusivité depuis sept ans. Ils servent notamment dans la composition de laits infantiles. Nous vendons ces poudres à des industriels qui vont fabriquer des produits comme des mousses laitières, mais aussi des compléments alimentaires pour malades ou sportifs.




Vous renforcez vos positions dans la nutrition. Pourquoi le lait infantile?

Nous nous y intéressons depuis trois ans avec le rachat de deux usines (Célia et Nutricia Milupa France) spécialisées dans ce secteur. Il y a un potentiel de développement important, et nous pouvons relever le défi, surtout à l'exportation. Car par tradition, nous savons extraire les différents éléments du lait, faire le ?cracking?du lait. Une technique mise en route à Retiers. C'est donc la suite de l'histoire...

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